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Tome second.
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ETAT DE LA FRANCE .

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(Année 1795.}

a\aient d’ailleurs décrété la célébration de sept fêtes nationales chaqueannée :

Celle de la fondation de la République, le 1 vendémiaire;

Celle de la Jeunesse, le 10 germinal ;

Celle des Epoux , le 10 floréal ;

Celle de la Reconnaissance, le 10 prairial ;

Celle de l’Agriculture, le 10 messidor;

('.elle de la Liberté, les 9 et 10 thermidor ;

Celle des Vieillards, le 10 fructidor(«}.

Fêtes consistant, — en chants patriotiques, en discours sur la morale ducitoyen, en banquets fraternels, en divers jeux publics propres à chaque lo-calité, en distribution de récompenses civiques.

Ici, nous nous arrêtons un moment pour bien nous rendre compte des cho-ses. La révolution est terminée, oubliée déjà même. La contre-révolution aseule quelque force et quelque moyen d’agir. I)e jour en jour , la guerredévore la jeunesse ; celle qui ne combat pas, s’amuse.

Elle s’amuse, d’abord sous la protection des hommes politiques, puis, bien-tôt , à l’ombre des lauriers conquis par la première.

A présent nous n’aurons guère de scènes sanglantes à raconter. Nous som-mes presque sous le règne des ridicules, et l'histoire-musée de l'époque estsurtout composée de caricatures, de chansons et d’épigrammes Les craintesd'envahissement de territoire sont passées; nos armées se font conquérantes.Les événements qui se succèdent ont toujours maintenant un côté comiqueet un côté sérieux , celui-ci moins prédominant que l'autre. Le peuple fran-çais se livre aux éclats d'une gaîté folle, après s’étre dégoûté à l’aspect destourments et des horreurs. Mais, en riant, il perd pour ainsi dire connais-sance. et quelqu’un est là tout près, qui ne rit pas, qui poursuit un but uni-que, qui lui donne des victoires pour matières à plaisir, et qui, un beau jour,le poussera rudement, et lui dira d’un air à la fois superbe et sévère : C’estassez.

La liberté ! la plupart ne voulaient plus lui Taire de sacrifices , et ne serappelaient que ses pénibles compensations. Le Dialogue constitutionnel,que nous allons citer, devenait presque un chorus principal, sinon universel:

— Mon cher ami, vive la liberté !

— Mi ! d’en jouir, monsieur, je n’ai p as le courage.

— Comment? que dis-tu la? Vive la liberté 1

— Hélas! monsieur, je manque et de place cl d’ouvrage

— Oui, mais, mon cher ami, vive la lilx-rté!

— fc’.n soldat déguisé, malgré moi volant lire .

(a'j IV rel du octobre 17