108 cou* u’étai de finances. (Septembre 1797.)
de ce mouvement était la découverte d’une conspiration tramée en faveur deLouis X\ III. Un arrêté faisait savoir aux Parisiens que ipiiconque « rappel-lerait la royauté, la constitution de 93, on la famille d’Orléans, » serait sur-le-champ fusillé. Le directeur liarthé'emy était arrêté. Carnot avait pris lafuite. Des placards rendaient compte de la trahison de Pichegru et des offresque le prince de Condé lui avait faites Condé, disait-on, l’avait nommé ma-réchal de France, gouverneur d’Alsace , cordon rouge. 11 lui avait promis lechâteau de Chambord avec son parc, et douze pièces de canon enlevées auxAutrichiens, un million d’argent comptant, deux cent mille livres de rente,un hôtel à Paris («).
Les directoriaux des deux conseils se réunirent, les anciens dans l’amphi-théâtre de l’École de santé, les cinq cents à l'Odéon. Ils autorisèrent le gou-vernement à prendre les mesures nécessaires au maintien de la tranquillitépublique. On y approuva des résolutions coercitives contre les émigrés, lesparents d’émigrés, les prêtres déportés, les journalistes, les membres dessociétés politiques, etc. ; on y arrêta les déportations d’une foule de députés,de deux directeurs, et d’hommes connus par leurs sentiments royalistes.« L’expédition du 18 fructidor fut d’ailleurs exécutée aussi tranquillementqu’un ballet d’opéra, dit Thibaudeau dans ses Mémoires. Il n’y eut aucunerésistance. Le bon peuple de Paris resta immobile. » Le corps législatif, quin’était plus composé que de directoriaux, fit envoyer une adresse aux dé-partements et aux armées, et le directoire lui-même rédigea une proclama-tion aux Français. A la place de Barthélemi, les conseils nommèrent Merlinde Douai; à la place de Carnot, François de Neufchâteau Enfin, on opéraune épuration complète dans le gouvernement de tous les gens qu’on suppo-sait avoir des principes royalistes ou jacobins.
Les placards, un entre autres, — Le voile est déchiré, —appelaient la mortsur la tète des royalistes (b).
Les partisans de la journée de fructidor reçurent le surnom de fructido-risés.
Le directoire, vainqueur, risqua un coup d’état pour les finances, commeil l’avait risqué pour la politique. 11 fit rendre une loi par laquelle la dettepublique était convertie , 1° les deux tiers en bons au porteur échangeablesseulement en biens nationaux; 2° le dernier tiers en tiers consolidé, seulpayable en argent. C’était une banqueroute. Les rentiers, indignés contre ledirectoire, le vouèrent à l’exécration. Mais on fit des caricatures sur leurdouleur. On représenta les rentiers et pensionnaires de l’état prenant le che-min de Bicétre ( c ). On mit dans leur bouche ces paroles :
(a) Extrait d’un des placards affichés.
(b) Almanach violet, pour l'année I7!)8.
(c) (Partons de la Bibliothèque royale.