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Tome second.
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(Décembre 1797.)

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placées les autorités constituées. Au-dessus des cinq directeurs llottaient lesdrapeaux conquis en Italie ; partout des faisceaux d’armes et des trophées ,et à tout instant les cris de vive la république ! Vive Bonaparte ! vive lagrande nation ! Force discours complimenteurs, avec des réserves adroites,vies reproches déguisés, des craintes exprimées de part et d'autre.

Le directoire lui donna l’accolade, et le peuple entier l'appela le libérateurde l’Italie , lë pacificateur du continent. Le conservatoire exécuta une svm-phonie, suivie du Chant du Retour, paroles de Chénier, musique de Méhul , etAient voici le refrain :

Tu fus lqnyicmps l’effroi, sois l’amour de la terre,

O république des Français *

Oue le chant des plaisirs succède aux cris de puerre :ï<a victoire a conquis la paix.

Le soir il y eut un dîner magnifique en l’honneur de Bonaparte , puis unbal. Dix jours après, le corps-législatif lui donna une fête dans la galerie du.Muséum, où avait été dressée une table de huit cents couverts. Les conseilsprésentèrent deux drapeaux d’honneur à l'armée d’Italie , et bientôt l’Insti-tut admit Bonaparte à la place de Carnot, ce qui lui fit adresser ce quatrainllattcur :

Collègues, ariums de lu gloire,Bonaparte en est le soutien ;Pour votre mécanicien,

Prenez celui de la Victoire (a).

Aucun homme n’avait jusqu’alors cumulé tant d’honneurs. Le directoire,par instinct de sa conservation, aspirait à s’en défaire, ou tout au moins àl’éloigner.

La fin du mois de décembre fut remplie par une émeute à Rome, où Jo-seph Bonaparte , ambassadeur de la république française, fut insulté dansson palais, et par l’organisation constitutionnelle des colonies.

Toute l’année i797 avait continué l’œuvre de réaction. A peine voulait-on se rappeler lès événements du passé pour lesquels on n’avait point deparoles assez flétrissantes. Le passé! 11 était si loin déjà! Chacun oubliait larévolution, et était prêt à recommencer tous les actes condamnables qui l’a-vaient amenée.

Combien de leçons perdues, de celles (pie la Providence nous donne !

Dans les rues, les yeux des passants ne s’arrêtaient que sur des gravuresclans le genre de celle-ci,

(*) OEuvres poétiques de Lebrun.