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Tome second.
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( 1799 .)

CONFESSION DE LA REPUBLIQUE.

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Et Masséna, pour venger Joubert, avait forcé le général russe à une re-traite précipitée. Néanmoins, à la nouvelle de son débarquement, les Pari-siens firent éclater une joie excessive. Dans un des conseils (a ), un députés’écria avec enthousiasme : « C’est aujourd’hui qu’il faut faire retentir lechant des victoires ; c’est aujourd'hui qu’il faut parer de fleurs la statue de laliberté; peuple français , c’est aujourd’hui ta fête; tes guerriers ont triomphéde toutes parts, et le héros dont la gloire est inséparable de ton indépen-dance et de ta grandeur, vient de toucher le sol de la république. » Un autredéputé mourut, dit-on, des suites de sa joie [b),

Deux jours après (le 16 octobre), Bonaparte entrait dans Paris ; il était fortmécontent en lui-même des victoires récentes obtenues par Brune et par Mas-séna. 11 était vêtu à l’orientale •. redingote grise, sabre de mameluek suspendupar un cordon de soie. Lyon l’avait fêté à son passage, et on y avait jouéune petite pièce de circonstance intitulée le Héros de retour. Paris ne voulutpas rester en retard. Bonaparte se rendit, dès l'abord, au directoire, où il nefut pas fort bien vu, et où on l’honora de « l’accolade fraternelle, qui ne futni donnée ni reçue très-fraternellement (c). »

Mais le public avait tant d’admiration pour lui, que, sous peine de l'indis-poser, le gouvernement devait fêter l’arrivée du petit caporal. Le présidentdu directoire l’invita à diner. Bonaparte eut une entrevue avec Moreau, quise trouvait aussi à Paris , et lui fit quelques présents, pour lui montrer com-bien il désirait conquérir son amitié. Le 15 brumaire, on leur donna unefête à tous deux ; — le corps législatif cherchait ainsi à diviser l’attention pu-blique sur Moreau et sur Bonaparte . Presque tous les députés voulurent yassister. Une table de sept cent cinquante couverts environ fut dressée dansle temple de la Victoire, magnifiquement décoré de drapeaux à l’intérieur.Toutefois, le banquet ne fut point joyeux. La musique seule fit les frais de lafête. Les convives étaient inquiets et silencieux. Bonaparte , dit-on, ne man-gea qu’une pomme, et proposa, d'une façon assez dédaigneuse, un toast àVunion de tous les Français . Moreau proposa froidement celui-ci : A tous lesfidèles allies de la république.

Un grand événement se préparait. Un nommé Bailly avait été traduit autribunal criminel de Rouen , comme prévenu de manoeuvres tendantes aurenversement de la république; c’était l’auteur d’une chanson intitulée Con-fession de la république avant sa mort , sur l’air du Réveil du peuple, et dontvoici un couplet :

Je lègue à Sieycs mon génie,

Mon grand-livre à mes créancieis ,

(a) Le 14 octobre 1799.

{b) Il se nommait Baudiu des Aulenues, et était mcrnbie du conseil des anciens,(c) Mémoires de Coliiei.