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PROCLAMATIONS.
(1799.'
cinq-cents, et au directoire exécutif ; il sera imprimé, affiché et envoyé danstoutes les communes de la république par des courriers extraordinaires.
Voyons pourquoi le conseil des anciens avait rendu ce décret.
« Le conseil des anciens use du droit qui lui est délégué par l’art. 102 dela constitution, de changer la résidence du corps législatif.
« Il use de ce droit pour enchaîner les factions qui prétendent subjuguerla représentation nationale, pour vous rendre la paix intérieure.
« 11 use de ce droit pour ramener la paix extérieure que nos longs sacri-fices et l’humanité réclament.
« Le salut commun, la prospérité commune, tel est le but de cette mesureconstitutionnelle; il sera rempli.
« Et vous, habitants de Paris , soyez calmes; sous peu la présence du corpslégislatif vous sera rendue.
« Français ! les résultats de cette journée feront bientôt foi si le corps lé-gislatif est digne de préparer votre bonheur, et s’il le peut.
a Vive le peuple ! par qui et en qui est la république. »
— Bonaparte était joyeux de voir les choses prendre une tournure légale.Il s’était rapproché de Sieyes. On était convenu que Sieyes et Boger-Ducos,sa planète, donneraient leur démission de directeurs, ce qui forcerait, parconséquent, les trois autres à abandonner la place. Alors, le conseil des an-ciens, ne voyant plus de gouvernement existant, serait invité à nommer troisconsuls. En s’associant avec Sieyes, Bonaparte s’assurait les voies parlemen-taires. Sieyes était un homme actif et influent, tout rempli d’idées semi-aris-tocratiques , et qui ne rêvait qu’un gouvernement constitutionnel représenta-tif. Pour Bonaparte , il avait fait son affaire de la force armée qu’il voulaitvoir venir en aide au bon droit, sans doute. Berthier, Lannes , Murat, Mo-reau lui-même, qui ne savait plus à quel saint se vouer, allaient servir lesprojets de l’ambitieux général. Il y avait à Paris beaucoup de soldats quiavaient été commandés par Bonaparte en Italie , et qui lui étaient dévoués.Presque tous les généraux étaient pour lui.
L’heure était venue de déployer une audace à toute épreuve, de profiter dela majorité qu’il avait dans le conseil des anciens, de mettre à exécution lesplans arrêtés d’avance.
Le matin même où fut rendu le décret que nous avons cité ci-dessus, lesrues de Paris furent encombrées de soldats de toutes armes, et les boulevardsde cavalerie. Sur les murs de Paris, on lisait cette proclamation de Bona-parte ( a) :
« Soldats! le décret extraordinaire du conseil des anciens est conforme
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