( 1799 ;.
BONAPARTE Al'X CINQ-CENTS.
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18 fructidor; vous l’avez violée au 22 floréal; vous l’avez violée au 30 prai-rial. La constitution ! elle est invocpiée par toutes les factions, et elle a étéviolée par toutes ; elle ne peut être pour nous un moyen de salut, parcequ’elle n’obtient plus le respect de personne. La constitution ! n’est-ce pasen son nom que vous avez exercé toutes les tyrannies? Et aujourd’hui en-core c’est en son nom que l’on conspire. Je connais tous les dangers quivous menacent.
« Représentants du peuple, ne voyez pas en moi un misérable intrigantqui se couvre d’un masque hypocrite! j’ai fait mes preuves de dévouementà la république, et toute dissimulation m'est inutile. Je ne vous tiens ce lan-gage que parce que je crains que tant de sacrifices ne soient perdus.La constitution , les droits du peuple ont été violés plusieurs fois; et puis-qu’il ne nous est plus permis de rendre à cette constitution le respect qu’elledevrait avoir, sauvons au moins les bases sur lesquelles elle repose; sauvonsl’égalité, la liberté ! trouvons des moyens d’assurer à chaque homme la li-berté qui lui est due, et que la constitution n’a pas su lui garantir. Je vousdéclare qu'aussitôt que les dangers qui m’ont faitconfier des pouvoirs extraor-dinaires seront passés, j'abdiquerai ces pouvoirs. Je ne veux être à l’égardde la magistrature que vous aurez nommée, que le bras qui la soutiendra etfera exécuter ses ordres (a). »
11 avait parlé de conspiration, il avait parlé des dangers imminents de larépublique. Quelques observations répondirent à son discours , mais , néan-moins, sa démarche ne fut point condamnée. 11 avait bon espoir.
Au conseil des cinq-cents , il n'en fut pas de même, et nous allons voir cequi s’y passa.
Dans ce conseil, dès l’ouverture de la séance, un député s’était attaché àrappeler à ses collègues les souvenirs du 20 prairial. Un autre avait soup-çonné les gens qui prétendaient vouloir sauver la république, de ne vouloirqu’un changement de gouvernement. Un groupe, formant la minorité, fai-sait cause commune avec le président ; et quand un député mécontent, ap-prouvé par la masse , demanda qu’on renouvelât le serinent de fidélité à lanation , Lucien ne consulta que cette minorité. On lui adressa des reproches.Une foule de membres se portèrent au bureau et à la tribune, au milieu descris: Point de dictature! vive la constitution! le serment! Le président se couvrit,et, une fois le tumulte apaisé, laissa parler les orateurs.
Bientôt il se fait un mouvement,et Bonaparte entre, suivi, à quelque distance,de ses fidèles grenadiers. 11 s’avance seul, découvert, avec des gestes indi-quant qu’il demande à parler; mais il en est empêché par les clameurs desreprésentants. L’un d’eux lui dit : « Que faites-vous, téméraire , vous violez