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Tome second.
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('.OLP I>’ÉTAT.

1799 .)

le sanctuaire des lois 1 » D’autres lui crient : « Quoi ! des baïonnettes, de,-sabres, des hommes armés ici! dans le sanctuaire de la réprésentation na-tionale! Hors la loi lo dictateur ! A bas, à bas le dictateur! mourons à no-tre poste! Virent la république et la constitution de l’an III ! Hors la loi hdictateur ! à bas! à bas! général, est-ce donc pour cela que tu as vaincu?

— Aujourd’hui, Bonaparte a terni sa gloire ! fi !

— Bonaparte s’est conduit en roi.

— Bonaparte a perdu sa gloire ! je le voue à l’opprobre, à l’exécration desrépublicains et de tous les Français .

— Je demande, au reste, qu’on prenne tous les éclaircissements nécessai-res pour rassurer le conseil !

— Je demande que le général Bonaparte soit traduit à la barre pour y ren-dre compte de sa conduite.

Telles furent les motions que sa présence souleva. Hors la loi, le tyran!c’est ce cri qui l’emporta sur les autres; et Lucien, après avoir essayé <Llutter contre , déposa les insignes de président. L’agitation monta à son com-ble, et les membres du conseil crièrent de nouveau: Vive la république!mourons pour la liberté! hors la loi le dictateur! vive la constitution del’an 1111 Presqu’aussitôt des grenadiers , l’arme au bras, et au pas de charge,pénétrèrent dans la représentation nationale, et sommèrent les députés de seretirer parce qu’ils n’étaient plus en sûreté. La plupart de ces derniers s’y re-fusèrent, mais le général Leclerc, qui commandait, s’écria : « Au nomd'igénéral Bonaparte, le corps législatif est dissous. Que les bons citoyens seretirent. » Les grenadiers se répandirent dans la salle, en présentant la baïon-nettes , et poussèrent devant eux les représentants dont les cris de vive la ré-publique! couvraient le roulement des tambours. A cinq heures et demie,la salle fut totalement évacuée et fermée.

Avant cette affaire, Bonaparte était découragé ; mais Lucien, arrivé prèsde lui, lui redonna de l’énergie. Les conjurés résolurent enfin d’emporterla journée par tous les moyens possibles. Les deux frères montèrent à che-val et s’élancèrent au milieu des troupes auxquelles ils adressèrent chacunune harangue.

« Citoyens, soldats, s’écria Lucien, le président du conseil des cinq-cents vous déclare que l’immense majorité de ce conseil est dans ce moment sousla terreur de quelques représentants à stylets, qui assiègent la tribune, pré-sentent la mort à leurs collègues, et enlèvent les délibérations les plusaffreuses !

« Je vous déclare que ces audacieux brigands, sans doute, soldés parl'Angleterre, se sont mis en rébellion contre le conseil des anciens , et ontosé parler de mettre hors la loi le général chargé de l’exécution de son dé-cret, comme si nous étions encore à ce temps affreux de leur règne, où ce mot,hors la t«i! suffisait pour faire tomber les tèles les plus chères à la patrie!