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Tome second.
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( 1799 .)

HARANGUE DK BONAPARTE

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« Je vous déclare que ce petit nombre de furieux se sont mis eux-mémeshors la loi par leurs attentats contre la liberté de ce conseil. Au nom de cepeuple, qui, depuis tant d’années est le jouet de ces misérables enfants dela terreur, je confie aux guerriers le soin de délivrer la majorité de leursreprésentants, afin que , délivrée des stylets par les baïonnettes, elle puissedélibérer sur le sort de la république !

« Général, et vous, soldats, et vous tous, citoyens, vous 11e reconnaîtrezpour législateurs de la France que ceux qui vont se rendre auprès de moi !Quant à ceux qui resteraient dans l’Orangerie, que la force les expulse...Ces brigands ne sont plus représentants du peuple, mais les représentants dapoignard ! que ce titre leur reste ! qu’il les suive partout! et lorsqu’ils ose-ront se montrer au peuple, que tous les doigts les désignent sous ce nom mé-rité de représentants du poignard!

« Vive la république (a)! »

Voici maintenant la harangue du général Bonaparte :

« Soldats, je vou» ai menés à la victoire ; puis-je compter sur vous? —(Oui! oui!... vive le général!... qu’ordonnez vous? ) soldats , on avait lieude croire que le conseil des cinq-cents sauverait la patrie ; au contraire, ilse livre à des déchirements ! des agitateurs cherchent à le soulever contre moi!Soldats, puis-je compter sur vous? — (Oui! oui!... Vive Bonaparte) — Ehbien je vais les mettre à la raison. — ( Vive Bonaparte) ! — ( Ici il donnedes ordres à ses lieutenants, puis il reprend ). Depuis assez longtemps la pa-trie est tourmentée, pillée, saccagée ! depuis assez longtemps ses défenseurssont avilis, immolés...—(Vive Bonaparte!) Ces braves, que j’ai habillés,payés, entretenus au prix de nos victoires, dans quel état je les retrouve?...— ( Vive Bonaparte ! ) On dévore leur subsistance ! on les livre sans défenseau fer de l’ennemi ! Mais ce n’est pas assez de leur sang; on veut encore ce-lui de leurs familles! Des factieux parlent de rétablir leur domination san-guinaire! j’ai voulu leur parler; ils m’ont répondu par des poignards ( 6 )!Il y a trois ans que les rois coalisés m’avaient mis hors la loi pour avoirvaincu leurs armées ; et j’y serais mis aujourd’hui par quelqnes brouillonsqui se prétendent plus amis de la liberté que ceux qui ont mille fois bravéla mort pour elle ! Ma fortune n’aurait-elle triomphé des plus redoutablesarmées que pour venir échouer contre une poignée de factieux? Trois fois,vous le savez, j’ai sacrifié mes jours pour ma patrie ; mais le fer ennemi lesa respectés ; je viens de franchir les mers sans craindre de les exposer unequatrième fois à de nouveaux dangers; et ces dangers, je les trouve au seind’un sénat d’assassins ! trois fois j’ai ouvert les portes à la République , ettrois trois on les a refermées ! »

(a) Cette harangue fut imprimée sur-le-champ et répandue partout.

(b) Le bruit courait qu’un poignard s’était levé sur Bonaparte , au moment de son entrée dans le conseil,lit-dessus, mille conjectures se sont combattues.