CAMPAGNE DES THEISTE JOUIS.
173
(1800.)
Italie, où se dirigeait Bonaparte , les soldats firent un nouvel effort, malgréla pénurie dans laquelle elle se trouvait, malgré l’extrême rareté des vivres •une livre de pain s’y vendait trente francs. Le premier consul se rendit entoute hâte sur le théâtre de ses premiers succès. Le 6 mai, il partit de Paris àl’improviste, passa en revue l’armée de réserve à Dijon . Deux jours après, ilétait à Genève , puis gravissait le grand Saint-Bernard, et, réunissant sonarmée aux divisions de Lannes et de Moncey, commandait un effectif deplus de soixante mille hommes, rassemblés à l’insu des Autrichiens.
Alors, Bonaparte commença une chaîne non interrompue de grandes actionset de magnifiques victoires. 11 sentait combien il lui importait de ne pas faillirà sa réputation. Présentement, il se battait dans son propre intérêt. La for-tune de la France était aussi devenue la sienne.
Ce fut une courte et brillante épopée en action. Milan tomba en notre pou-voir; la bataille de Montebello, gagnée sur le général Ott , fit honneur au gé-néral Lannes; celle de Marengo, remportée par Bonaparte sur Mêlas, donnaà l’armée française quinze drapeaux et quarante pièces de canon, mais coûtala vie à Desaix, celui que les Autrichiens surnommaient Sultan le Juste.
Campagne des trente jours! ainsi fut dite cette récente expédition enItalie .
Quand Bonaparte revint à Paris , le 2 juillet, il y fut reçu avec un enthou-siasme indicible. Sur son passage, dans les départements, il avait reçu denombreuses marques d'admiration. A Lyon , les habitants l'accueillirent avecacclamation : il voulut réparer les ruines et relever les monuments de la ville.A Dijon , les femmes jetèrent sous ses pas des lauriers et des fleurs. A Sens,on éleva en toute hâte un arc-de-triomphe, sur lequel furent tracés en groscaractères les mots historiques : Veni, vieil, vici , A Paris , la veille et le jourdo son arrivée, la population se porta en foule au Faubourg-Saint-Antoine.Mais il était entré dans la capitale pendant la nuit. Donc, pour fêter son re-tour, il y eut une illumination spontanée et générale. Le jardin des Tuileries fut plein de monde toute la journée. C’était à qui verrait le plus tôt l’incom-parable héros de l’Italie .
La fête du li juillet se ressentit de cet heureux événement, et prit le nomde Fête de la Concorde [a). Elle fut célébrée en l’honneur des soldats de larépublique. On y porta en triomphe sur la place Vendôme les drapeaux desarmées. Le ministre de l’intérieur posa la première pierre d’une colonne na-tionale sur la place de la Révolution. Presque toute la cérémonie eut lieudans le temple de Mars (Hôtel des Invalides ), où les trois invalides les plusâgés eurent des places d’honneur. Le premier consul décora de médaillescinq d’entre ceux qui s’étaient le plus distingués dans leur jeunesse, puis ilpassa une revue générale des troupes de la garnison, et d’une partie de la
; u ) Vov.’Z le propraimtlc de l'anniversaire du l4 juillet, (etc de la Concorde.