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Tome second.
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MOT DE JOSÉPHINE.'

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(Août 1802.)

consul, contient l’expression de sa reconnaissance particulière. Organe de lavolonté souveraine, il a cru devoir, pour mieux remplir les intentions dupeuple français, appeler les arts à perpétuer le souvenir de ce mémorableévénement (a). »

Louanges à bout portant, un des premiers échantillons des harangues offi-cielles. — O.n se croit revenu aux discours de la noblesse à Louis XVI ,avant 89.

A quoi Bonaparte répondit : « Sénateurs , la vie d’un citoyen est à sa pa-trie. Le peuple français veut que la mienne tout entière lui soit consacrée;j’obéis à sa volonté. En me donnant un nouveau gage, un gage permanent desa confiance, il m’impose le devoir d’étayer le système de ses lois sur des in-stitutions prévoyantes. Par mes efforts, par votre concours, citoyens séna-teurs, par le concours de toutes les autorités, par la confiance et la volonté decet immense peuple, la liberté, l’égalité, la prospérité de la France seront àl’abri des caprices du sort et de l’incertitude de l’avenir. Le meilleur despeuples sera le plus heureux, comme il est le plus digne de l’étre, et sa féli-cité contribuera à celle de l’Europe entière. Content alors d’avoir été appelé,■par l’ordre de celui de qui tout émane, à ramener sur la terre la justice, l’ordreet l’égalité, j’entendrai sonner la dernière heure sans regret, et sans inquié-tude sur l’opinion des générations futures. Sénateurs, recevez mes remercl-mentsd’une démarche aussi solennelle. Le Sénat a désiré ce que le peuplefrançais a voulu, et par là il s’est lié plus étroitement à tout ce qui reste àfaire pour le bonheur de la patrie. 11 m’est bien doux d’en trouver la certitudedans le discours d’un président aussi distingué. »

La réponse est encore plus curieuse à analyser que le discours. Remar-quez : Bonaparte y parle en monarque. A part la question des mots, on ytrouve ces idées de paternité royale qui fait le bonheur des peuples, ces idéesde droit divin en réalité, et ces remercîments directs aux corps parlementairesqui soutiennent le gouvernement.-

Ce n’est pas, comme l’a dit un historien, « la monarchie élective qui vientd’étre proclamée »; c’est bien plutôt la Royauté absolue qui renaît et se cachederrière la statue de la Liberté .

Force médailles ont consacré cetle seconde transformation de Bonaparte .

Une troisième transformation était toujours présente à sa pensée, maisil segardait de témoigner le moindre désir à cet égard. « Quand me fais-tu impé-ratrice des Gaules? lui demanda un jour Joséphine. — Quoi! répondit-il enriant, la petite Joséphine impératrice (6)! »

Rajouta même que c’était une absurdité.

Feindre est donc l’art des fameux politiques, comme l’audace est la prin-

(a) Discours du sénat en corps an premier consul , en lui remettant le sénatus-consulte qui le nommeconsul « vie, prononce par Barthélémy.

(b) Histoire de Napoléon Bonaparte . par Thihandcttu.

T. II.

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