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Tome second.
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LA NOTRE DAME D'aOL'T.

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(Août 1802.)

cipale force des grands conquérants. Bonaparte avait cette double facultédont il se servit tour à tour.

lîne fois consul à vie, il fut plus que jamais entouré de courtisans. Toutesles autorités constituées de France voulurent lui présenter leurs hommages.Le nombre des réceptions sollicitées était inouï. Le premier consul y déféra.Le 15 août, fête de l’Assomption, anniversaire de la ratification {lu concordat,anniversaire aussi de la naissance de Bonaparte , fut choisi pour la solennitéde ces réceptions, pour la publication de l’acte constitutif du consulat à vie.

Comme de raison, il y eut une fête superbe; les illuminations témoignèrentde l’allégresse publique-.des feux d’artifice poétisèrent les réjouissances po-pulaires; des danses et des jeux prouvèrent combien les Français, et les Pa-risiens en particulier, aimaient à se livrer aux douceurs de la paix; des dis-tributions de comestibles donnèrent une idée de la générosité et de lamunificence consulaire.(a).

Les adresses des différentes autorités étaient aussi adulatrices qu’on peutse l’imaginer. A peine furent-elles surpassées par les dispositions des ordon-nateurs de l’illumination, qui, néanmoins, firent preuve d une rare imagina-tive courtisanesque,

A quarante pieds au-dessus de la plate-forme d’une des tours de Notre-Dame , s’éleva une étoile de trente pieds de diamètre. Au milieu de cettesymbolique illumination était figuré le signe du zodiaque sous lequel se trou-vait le jour de la naissance de Bonaparte .

Et l’étoile du premier consul, éclatante par-dessus toutes choses, brillatoute la nuit.

Mais, ainsi que nous venons de le dire, le 15 août était une époque remar-quable à plus d’un titre. 11 comptait comme anniversaire de la ratification duconcordat. 11 fut choisi pour être témoin d’un nouveau pacte entre Bonaparte et l’Église. On fêta l’Assomption à Notre-Dame en grande pompe, et l’arche-vêque donna l’ordination à l’abbé Fesch (b), oncle du premier consul. — Ce-lui-ci se chargeait sans aucun doute de son avancement dans les ordres.

Le 3 fructidor, Bonaparte alla pour la première fois présider le sénat. Cefut comme une cérémonie royale : deux haies de troupes, escorte nombreuse,préparatifs inusités. Les sénateurs traitèrent en roi leur patron, qui s'accou-tumait aisément à de pareilles démonstrations.

Cependant, quelque brillante que fût l’étoile du premier consul, elle devaits’obscurcir momentanément.

Moreau et Bernadotte . soit par envie, soit par esprit de républicanisme,désapprouvaient hautement les actes de leur ancien collègue. Le premier vi-

(a) Moniteur universel.

(b) l/e pape et le premier consul étaient en fort t>onnc intelligence. Un bref du 29 juin avait rendu à lavie séculière et laïque le citoyen Charles-Maurice Talleyrand , ministre des relations extérieures.