(Années 1801-2.)
I.E GOUVERNEMENT.
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Bonaparte, cependant, s’était depuis longtemps fait dire la messe par desprêtres insermentés ou assermentés indistinctement.
Tel était l’état religieux de la France après le concordat.
L’administration de la justice était réglée. 11 y avait un grand juge, mi-nistre de la justice, ayant sa place distinguée au sénat et au conseil d’état, pré-sidant, selon le bon vouloir du gouvernement, le tribunal de cassation et lestribunaux d’appel. Ce grand-juge surveillait et réprimandait les dispensateursde la justice dans toute la république, nous allions dire dans tout le royaume.Le premier consul avait seul le droit de faire grâce (a). Le ministère de lapolice, d’abord mis au nombre des plus importants,avait été supprimé, onignore pourquoi.
Les travaux pour la confection d’un Code civil uniforme, se poursuivaientavec ardeur. Ce code a été renvoyé à l’examen de trois habiles juris-consultes.
Une loi excite le mécontentement des amis de la liberté pour tous, enrétablissant l’esclavage des nègres dans les cotonies rentrées sous la domina-tion française parle traité d'Amiens . Ces colonies doivent être régies d’aprèsla législation antérieure à 1789 b).
Le gouvernement voit sa force 3’accroltre chaque jour. Le premier con-sul personnellement, est entouré d’hommages, soit qu’on le reconnaisse dansles promenades publiques, soit qu’il se rende au théâtre. S’il visite un éta-blissement public, aussitôt les journaux du bon parti s’empressent de le fairesavoir à tons les Français , de reproduire ses questions ou ses réponses , des’appesantir sur sa bienveillance, et de dépeindre l’enthousiasme universel deshabitants qui se sont trouvés sur le passage du « chef de l’état. » Et lescitoyens de répéter à satiété les belles réflexions de Bonaparte , ses à-propos spirituels, ou les compliments qui lui ont été adressés, ce qui d’ordi-naire a lieu après les grandes parades.
Un soir, il se rendit à l’Opéra. On jouait Hécube , et il arriva au momentoù Priam disait à Achille :
Du peuple entier remplissez l'espérance.
Achille était précisément au-dessous de la loge du consul, et Priam , parconséquent, tourné vers la loge. Le public saisit l’à-propos, et appliquantce vers au « héros du siècle, » le fit répéter et le couvrit d’applaudissementsprolongés (c).
Comment n’en eùt-il pas été ainsi? Dans toutes ses proclamations, Bona-
(a) Voy. tilres IX et X du sénatwi-vonsulte organique de lu constitution de l’un VIII. du 16 thermidoran X.
(b) Loi du 20 juin 1802.
(c) Almanach historique pour l’an XI.