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Tome second.
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LA GUERRE !

(Mai 1803.

Bonaparte se renferma dans sa propre puissance. En mars, le titre prélimi-naire du Code civil avait été présenté au corps-législatif, ce qui prouvait maté-riellement avec quelle ardeur on s’était livré aux travaux de discussion. L’ap-parition de ces premiers articles d’un code uniforme pour toute la France ,abrogeant complètement les anciennescoulumes, approprié, à quelques raresexceptions près,- aux mœurs contemporaines, fit et devait faire une grandesensation.

Une loi avait organisé le notariat sur des bases fixes, et réglementé cetteespèce d’officiers ministériels. Une autre loi s’occupa de la fabrication desmonnaies.

L’ambassadeur d’Angleterre était parti de Paris dans la nuit du jeudi auvendredi 12 mai. Les Anglais sortaient de France , et les bruits de guerreentre la France et l’Angleterre, prirent une consistance qu’ils n’avaient paseue jusqu’alors: Une foule de vieux militaires demandèrent à être de nou-veau incorporés dans l’armée « pour combattre la perfide Albion [a). » Unebrochure parut, qui eut un grand nombre de lecteurs, et qui est intitulée :Guerre ri VAngleterre, puisqu’elle la reut, ou Heflexions sur la mauvaise foidu gouvernement anglais ( b). Le. journal de Paris était plein d’anecdotes etde souvenirs historiques, à la honte des traîtres anglais , ües couplets impro-vises sur les bruits de guerre, réveillèrent l'ardeur des Français . Us se disaientsur l'air : Lise épousé l’beau Gernance , et nous en citerons un couplet :

On dit qu'avec l’AngleterreNous allons avoir la guerre;

C’est un contre-temps fâcheux,

La paix remplissait nos vœux :

Mais l’btre qui tout dispose,

Protégera nos états ;

Nous avons la bonne causeLa France n’en mourra pas (e). (bis).

La guerre va éclater, s’écrient les Français , eh bien! c’est un malheur,et le pays n’en mourra pas!

Ce qu’il importe avant tout de faire, c’est d’armer, de mettre notre ma-rine sur un pied formidable. Des dons volontaires, enxoyés par les départe-ments, contribuent à construire des vaisseaux, des chaloupes canonnières ,des péniches, et des bateaux de transport. « La ville de Lyon vient d’offrir àl’état un vaisseau de ligne qui portera son nom. » Bruxelles donne à laFrance une frégate de quarante-quatre canons. Le département de Maine -

(a) Journal de Paris.

{&) Par Diacon. Brochure écrie avec assez de verve et de raison,(c) Couplets par K. J. B. C>. Lallemand.