HISTOIRE DES BALLONS
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il jette du lest et l’aérostat remontant reste au-dessus de la mer à l’état de captif.Les voyageurs peuvent alors attendre tranquillement qu’un navire vienne lesrecueillir ou que la dérive les porte vers une terre. — Si l’aéronaute veut remonterdans l’espace, il tire une cordelette attachée au tond du cône, et le renversant commeun filet à papillons il force l’eau à s’en échapper. »
Ce système, excellent par sa simplicité même, a été plus de trente fois, et tou-jours avec un égal bonheur, employé par Sivel, tant dans la Méditerranée que dansla Baltique .
Deux mois à peu près avant le dramatique naufrage de Duruof, Sivel devait unefois de plus la vie à son cône-ancre.
Il a lui-même raconté cet épisode dans une lettre adressée à son ami Crocé-Spi-nelli : « Le 19 du mois dernier (1), lui écrivait-il, je cherchais encore à traverser leSud; j’étais parti de Copenhague avec un vent de nord-ouest, et j’espérais atterriren Suède ; mais vers le milieu du détroit il varia au nord. Ayant trois passagers, jene crus pas devoir tenter la traversée de la Baltique . Aussi, ouvrant la soupape,nous descendîmes si rapidement que la nacelle s’enfonça d’un pied et demi dansl'eau, pour remonter de nouveau. Mais grâce au cône-ancre le ballon resta captif,et nous pûmes attendre, sans dériver beaucoup, l’arrivée des bateaux. Une heureaprès la descente, deux bateaux pilotes et trois bateaux de pèche avaient prisnos amarres; mais le ballon poussé par le vent entraînait avec lui toute cette flot-tille. C’est alors que, faisant approcher un bateau bord à bord avec la nacelle, j’y fistransborder les passagers; après quoi, grâce à la corde de sûreté, j’ouvris le ballonqui se dégonfla instantanément et s’abîma dans la mer, au moment où je sautaismoi-même dans une barque. »
VII
Ainsi, en dehors même de France, c’étaient des Français encore qui tentaient lesplus dangereuses de toutes les expériences et, gagnant une cause abandonnée, trou-vaient un moyen simple et sûr de triompher des forces coalisées des flots et des vents.
L’aérostation étrangère n’essayait point de nous disputer l’empire des airs, et lascience anglaise même paraissait, momentanément, se désintéresser de la questiondes ballons (2).
(1) C’est-à-dire le 19 août 1871.
(2) Faisons cependant une exception pour r aérostation militaire, en faveur de laquelle de très-intel-ligentes et continuelles tentatives ont été depuis trois ans faites à Woolwicb. Voici le récit d’unedes plus intéressantes, exécutée à la date du 25 juillet 1871 :
« Samedi 25 juillet, a eu lieu à l’arseDal de Woolwicli une expérience de navigation aérienne àl’aide de l’aérostat la ViUe-de-S'ew-York, cubant 2 000 mètres. L'appareil, inventé par M. Bowdler, con-sistait dans une hélice aérienne destinée à imprimer à l’aérostat un mouvement de translation. Cettehélice, en zinc, était attachée à un cadre en fer, et sa vitesse angulaire était augmentée par des rouesd’angle. Le diamètre de l'hélice était de trois pieds, et on comptait lui imprimer une vitesse de 12 à11 tours par seconde. Elle était mise en mouvement par l’inventeur et un sapeur du génie. Mais ellen’a produit aucun effet de translation appréciable, ce qui devait être prévu, le ballon rond offrant unetrop grande résistance. Mais un autre fait assez important a été constaté : le ballon s'est mis à tour-ner autour de son axe, tantôt daus un sens, tantôt dans un uutre, suivant le sens daus lequel on incli-nait le gouvernail, ce qui indique qu’il y avait une petite vitesse différentielle.
« M. Bowdler avait en outre disposé une hélice horizontale, pour fuire mouvoir le ballon daus le