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Tome premier.
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EXPERIMENTALE. 7*

ÎT'ines, dans les machines hydrauliques, dans les moulins ou autres manu-Lctures, qu’ils ne doivent pas s’en laislèr imposer par les Machinistes quiprétendent ( ét souvent s’iinaginent qu’ils peuvent ) par quelque machinenouvellement inventée liirpaller toutes les autres, & faire q u’u n chevalfaílè autant d’effet que trois ou quatre. Cela vient de ce qu’ils ne sont pasau fait des principes de méchanique, dont la connoissance les empêcheraitde tenter l’impositble. Il feroit à souhaiter que nos Machinistes, qui ont sou-vent beaucoup de génie pour inventer, & qui communément n’ont aucuneconnoiilànce des mathématiques , voulufíènt s’appliquer à cette science, oudu moins fçavoir ce qui peut les diriger dans leurs entreprîtes ; ou que quel-ques-uns de nos meilleurs Mathématiciens ne cruíïènt pas trop s’abaillèr endirigeant les Ouvriers , & en considérant les machines un peu plus qu’ilsne sont, ce qui rendroit leurs spéculations plus utiles au Public. 11 y en aquelques - uns , qui étant mal-adroits , & n’ayant pas une main allezdélicate pour faire des expériences , ne veulent pas en faire l’aveu , &méprisent ou tournent en ridicule les ouvrages de méchanique ; oubliantque l’incomparable Newton , qu’ils admirent avec tous les autres Philoso-phes , a fait autant & même plus d’expériences qu’aucun homme vivant ,6c a regardé la Géométrie comme n’étant utile qu’autant qu’elle nous dirigeà faire des expériences Sc des observations , Sc à en tirer des conséquenceslorfqu’on les a faites ; eníòrte que l’avancement de la Physique doit être lerésultat des mathématiques mixtes, c’est-à-dire de la Méchanique Sc de laGéométrie.

Un homme qui apprend dans les Livres à faire des armes, doit être autantembarraflê lorlqu’il faut le battre , qu’un autre qui préféré un courage brutalà toute la science des armes ; avec cette lèule différence que cclui-ci lèrabeaucoup plus en état de tuer son adversaire. ; comme ceux qui n’ont aucunelittérature ont souvent sait des machines merveilleuíes. La machine deMarly , qui a été faite par un homme ordinaire de Liège , qui ignoraitentièrement les Mathématiques , contient un grand nombre d’inventionsexcellentes , mais elle n’éleve pas autant d’eau qu’elle devrait le faire,parce que cet Ouvrier ne fçavoit pas calculer de quelle maniéré il pouvoitappliquer la force de la rivière de Seine avec le plus grand avantage.

Lorsque l’on sait de grands Ouvrages ou Manufacìures de telle manièrequ’une grande partie de Pintensité de la puislànce est consommée inutilement,Sc qu’iln’y a qu’une petite partie de cette puissance qui rende un service réel ;par exemple, loríqu’il y a clés frottements inutiles qui viennent de la mauvaiseconstruction de toute la machine, ou de la mauvaise figure de quelques-unesde les parties, ou de ce que l’Ouvrier les a mal exécutées ; ou fi les hommes oules chevaux , &c. n’employcnt qu’une petite partie de la force qu’ils pour-roient appliquer lans se fatiguer ou sans inconvénient : alors l'adrestê d’un bonMachiniste peut s’appliquer avec avantage, en changeant la forme , ou enAltérant les parties Sc les mouvements d’une machine. On en peut voir unexemple dans la manière de dévider le fil ou la soye. Si l’on employé 50hommes à cet ouvrage, ils ne pourront mouvoir qu’un poids, ou surmonternne résistance égale à une demi livre , en travaillant par le mouvement cir-culaire de leurs mains ( au lieu qu’un homme peut aisément élever 25 livresTome I, L.

Notes furla II. Leçon,

c^ , V , o