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Tome premier.
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EXPE’RI M ENTA L E. 141

riìent ; se persuadant qu’à la vérité on doit avoir quelque égard à la perte de Notes furla force causée par le frottement , mais qu’elle ne doit pas erre à beaucoup la 111 . Leçon,près aussi grande qu’ils la trouvent. Prévenus de cette idée , les faiseurs deprojets inventent de nouvelles machines ( qui font nouvelles pour eux ,quoique peut-être on les trouve dans de vieux Livres , qu’elles ayent étéautrefois en usage , & ensuite oubliées & négligées ). 11s supposent qu’ellesferont beaucoup plus, que ce qu’ils ont vû exécuter avec la même puiflànce,parce qu’ils ont trop peu d’égard au frottement. Pleins de cette espérance,ils font la dépenlë de 70 ou 80 livres pour obtenir un privilège en faveurde leur nouvelle invention ; ils divisent ensuite le privilège en portions, &ils engagent des gens plus ignorants qu’ils ne font eux-mêmes , à contribuerà cette entreprilè ( qu’ils liippoient avantageuse ) ; jusqu’à ce qu’anrès biendu tems & de l’argent perdu, ils trouvent que leur propre machine cil plusmauvaise que les autres qu’ils fe iiattoient de furpafler de beaucoup. C’cil cequi s’est pratiqué fort communément les vingt dernières années ; car quoique'quelques-uns de ces faiièurs de projets ayent été d’ailleurs des fripons ,cependant la plupart fe trompent les premiers eux-mêmes , & ceux quifont réellement trompés , trompent plus aiiement , & attirent les autrespar leur vivacité, & parleur entêtement. C’est pout-Jcela que je crois qu’ill'era avantageux au Public de traiter ici à fonds ce qui regarde les frotte-ments , autant que je pourrai y parveair par les expériences que les autresont fait ( surtout les Membres de l’Académie Royale à ï'aris , ) Sc par mespropres expériences & oblervations.

Je réexaminerai pas ici le frottement , ou plutôt la résistance qui vientde la máuvailè contlmélion des parties d’une machine qui doivent agir lesunes fur les autres par leur. mutuelle application ; loríqu’on fait agir cesparties obliquement dans le tems qu’elles devroient agir à angles droits ,ou lorsqu’on les fait agir plus obliquement qu’elles ne doivent le faire, cedéfaut ne venant que d’une théorie imparfaite, & de l’igorance de l’Ouvricr.

Mais je parlerai feulement du frottement, qui est inévitable par la naturedes matériaux, quelque polis qu’ils loient, dans le premier usage que l’onfait d’une machine , Sc de celui que le tems produit , à meiiire que lesparties portent inégalement , ou deviennent rouillées , ou pourries , fauted’huile, ou de graillé, ou par un long usage : enl’orre que les surfaces quife touchent, & qui étoient aussi polies que la main d’un habile Ouvrier apû le taire , deviennent très-rudes & inégales par ce moyen, Sc ajoutentbeaucoup de frottement à celui, qui par la nature des matériaux n’a pas pûs’éviter au commencement. C’esl ainli qu’un vieux tourne-broche demandeplus de poids pour le faire aller, lorlque les pivots Sc les trous où ils entrentlont beaucoup usés, & une ferrure bien faite s’enrouille faute d’huile, quifa défendroit contre les sels acides de l’air, Sc l’on ne peur pas l’ouvrir'fans peine avec une clef rouillée , quoique la figure tant de la ferrure que'de la clef, soit aussi parfaite qu’au commencement. Le bois íë pourrit, se'gonfle, le dejette Sc s’écarte de ses premières dimensions par le tems, & les-c °rdes qui roulent autour des poulies ou des rouleaux , le font avec plus.de difficulté à meíùre qu’elles le roidiíïènt par l’humidité, ou qu’elles de-viennent plus entortillées de quelque maniéré que ce ioit,