EXPERIMENTALE. zos
mais la seconde partie de cette Loi ne paroît pas aussi évidente, si Leçon V.°n n’y fait pas un peu attention.
Nous voyons clairement qu’il doit y avoir quelque agent exté-r ieur ou quelque puissance quin’est pas essentielle, ou qui n’ap-Partient pas nécessairement au corps pour le mettre en mouve-ment ; mais on ne comprend pas aussi aisément qu’un corps en mou-vement doive continuer à se mouvoir si un agent extérieur n'in-tervient pas par son action ; car nous voyons que les corps qui sont1Cl sor la terre perdent, par dégrés leur mouvement, ôc commen °us ne faisons pas attention à toutes les causes qui détruisent lemouvement des corps ‘, nous nous imaginons souvent que cemouvement languit, ôc qu’à la fin il périt de lui-même totalement,mais si nous examinons les causes extérieures qui retardent ôc.détruisent le mouvement, nous nous appercevrons bien-tôt quefi ces causes étoient éloignées, un corps qui seroit une fois enmouvement dans une direction quelconque, continueroit toujoursc e mouvement dans cette même direction.
Une pierre poussée en avant avec la main', s’avance avec lemouvement qu’elle a reçu de la main, ôc elle continueroit tou-jours dans cet état de mouvement, s’il n’y avoit ni air ni pesanteur.
Si nous considérons la résistance de l'air, il est évident que le corpsen s avançant doit écarter les parties de l’air pour se frayer une routelui-même ; ÔC comme il doit communiquer du mouvement auxparties qu’il écarte, autant qu’il en communique, autant doit-il enperdre ; de sorte qu’après quelque tems, ôc après avoir parcourucertain espace, il doit rester immobile dans l’air, c’est-à-dire,
€n supposant que l’air seul agisse sur lui. Mais outre l’air, la pesan-teur ( qui est une force qui pousse en bas ) altère fa direction, ôc leporte à terre par dégrés ; cet effort que fait chaque corps pourc °ntinuer dans son état de mouvement,ne paroît pas à quelques-unsdevoir s’appeller proprement force d’inactivité ( vis inenia) ; maisod'que l’on fait attention que le corps est purement passif, qu’il nepeut pas augmenter ni détruire de lui-même son mouvement, onv °it qu’il est entièrement inactif, même dans cet état. Ainsi lorsquelìo us sommes sor le bord d’une rivière, & que nous observons unPoisson vivant entraîné par le courant, il est entièrement inactifail s ce mouvement", ôc il continue dans le même mouvementj a nt qu’jl est inactif; il lui faut une action ( égale à la force dec eau ) pour le mettre en repos, ôc pour le frire paroître tel au‘"Poctateur qui est sor le bord de la rivière.
Tome 1.