CHATEAU DE SULIY EN BOURGOGNE
XVI - SIÈCLE
Le château de Sully, à 12 kilomètres d’Autun, jouit dans toute la Bourgogne d’unehaute renommée, et passe, avec raison, pour le plus bel édifice particulier de FAu-tunois. Cette noble et imposante demeure, située dans une contrée montucusc où les acci-dents ne manquent pas, s’élève cependant sur un emplacement assez mal choisi, au milieud’une prairie humide. On ne comprend guère ce qui a pu déterminer la constructiond’une aussi splendide résidence sur un tel point, et qu’on ait dépensé tant de bon goût,tant de somptuosité dans la décoration sans s’inquiéter du paysage, sans se rebuter à lavue de ce bas-fond monotone dont Sully occupe le centre. Quoi qu’il en soit de la tris-tesse du site, le château de Sully mérite, incontestablement, sa grande renommée, etil avait droit, comme monument, à trouver un des premiers place dans notre Recueil.
Après avoir appartenu pendant de longues années à l’illustre famille des Rabutin, laterre de Sully fut vendue à Jean de Saulx d’Orain, en 1528. Son fds, Gaspard de Saulx ,marquis de Tavaunes, maréchal de France et seigneur de Sully , commença à bâtir le
château actuel eu 1567 : il fut achevédans le cours des années 1596, 1600et 1630 (1) et n’a subi depuis que peude modifications.
Le château de Sully présente la formedu palais italien, c’est-à-dire quatre corpsde bâtiments disposés autour d’une im-mense cour carrée (voy, fig. 1), flanquésà leur angle de quatre, pavillons ter-minés par des campaniles. Les façadesextérieures sont des plus simples, et, àl’exception de l’entrée principale (2), com-mandent peu l’attention : toute la richesse,toute la pompe décorative sont concen-trées dans la cour d’honneur, et, lorsque,après avoir franchi le pont jeté sur lefossé I), on pénètre dans cette vaste cour, on est vraiment émerveillé de la beauté, dela solennité de l’architecture. Cette immense cour, qui paraît carrée, ne l’est cepen-
(1) Voy. Description générale du duché de Bourgogne, par Courtepée .
(2) Cette façade offrant une grande analogie avec celles de la cour, nous n’avons pas cru nécessaire de la graver etd’augmenter d’une planche inutile cette monographie. Les pavillons d’angle n’ont au reste aucun caractère, ils sontextrêmement simples et nous paraissent même avoir été ajoutés après coup.
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