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PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS
daiit point tout à fait ; elle a 39 m ,80 sur 36 m ,10, dimensions peu ordinaires et remar-quées déjà dès le xvn c siècle, où l’on possédait à un haut degré l'amour du grand.Aussi voyons-nous Bussy-Rabutin , dans le premier volume de ses lettres, écrire leslignes suivantes à M mc de Sévigné : «De Dijon , dit-il, nous fûmes chez Tavannes à» Sully. Il arriva là une chose qu’on n’a peut-être jamais vue dans la maison d’un gen-» tilhomme. Nous entrâmes dans la cour, qui est la plus belle cour de château de France ,» sept carrosses à six chevaux et nous étions cinq qui n’avions pas mené les nôtres. J’y» vis, dans l’église, le caveau des Rabutin d’un côté et celui des Tavannes de l’autre,» et nos armes écartelées avec celles de Bourgogne ; car vous savez que Christophe de» Rahutin vendit cette terre à J. de Saulx d’Orain, père du maréchal. »
Les quatre corps de bâtiments circonscrivant la cour d’honneur sont dissembla-bles, à l’exception des façades méridionale et septentrionale qui sont identiques, àquelques détails de sculpture près. Cette grande variété, prodiguée à Sully dans F en-semble et surtout dans les détails, vient témoigner d’un grand soin apporté dans l’étude
et la composition de tout l’édifice, dont le parti pris général, simple et grandiose, vients’enrichir de mille finesses qui, pour être appréciées à leur juste valeur, ont besoin d’êtreexaminées avec beaucoup d’attention. La façade occidentale (en A du plan général etgravée pi. 1) possède, en son milieu, un avant-corps ou pavillon qui vient l’accidenterun peu et lui donner un caractère particulier; malgré cela, c’est peut-être la moins par-faite à cause de son irrégularité ; cependant, maints détails, d’un goût heureux et d’unebelle exécution, s’y font remarquer. Nous appellerons surtout l’attention du lecteur sur lesjolies petites ouvertures du pavillon, si heureusement et si richement décorées ; celles durez-de-chaussée avaient même emprunté l’éclat de la dorure, et Ton peut voir encore
quelques moulures et divers feuillages rehaussés de cette façon. Nous reproduisons à uneplus grande échelle (pl. 4) ces gracieuses petites fenêtres terminées par un cartoucheéchancré montrant, au milieu d’une couronne, un médaillon d’empereur romain. Lamême planche donne le profil de la corniche générale et un détail des balustres del’appui existant aux fenêtres de cette façade seulement; les autres fenêtres de la cour,
divisées comme celles-ci par unmeneau en pierre, possèdentcomme appui, au lieu de ba-lustres, des espèces de tapis oulambrequins ornés, garnis deglands à leur partie inférieure(voy. fig. 2). En regard decelle-ci, la façade orientalen’offre pas les mêmes disposi-tions : elle est percée de neuffenêtres cintrées au rez-de-chaussée, et seulement de cinq fenêtres carrées au premierétage ; les espaces pleins ou trumeaux sont décorés de niches richement ornées (voy.pl. 7). Les lucarnes, semblables à celles de la façade occidentale que nous reproduisons