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Tome premier.
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1>U QUINZIÈME AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

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pl. 3, sont, comme on peut le voir, d'un goût assez contestable, et, quoique celles des deuxautres façades leur soient déjà préférables, on peut dire que l'architecte de Sully n'a pasété des plus heureux dans leur composition ; mais il y a tant de choses dans ce châteauqui viennent racheter et faire oublier ces légères imperfections, que nous ne savons envérité si on les doit signaler.

Les façades méridionale et septentrionale sont, à notre avis, ce qu’il y a de plus remar-quable à Sully; elles sont d’une régularité absolue et d’une admirable proportion : nousavons dit déjà qu’elles étaient semblables entre elles. Les pilastres n’y sont plus accouplés,et les travées, au nombre de cinq, sont doubles, disposition assez rare, il nous semble, maisexcellente au point de vue de reflet et surtout de la construction. Quant aux trumeaux,ils sont décorés de niches carrées dont le sommet est somptueusement orné, tandis que labase répète l’espèce de lambrequin des fenêtres voisines. Selon toute probabilité, ces nichesdevaient contenir des statues ; aujourd’hui, des peintures modernes représentant les dieuxde l’Olympe en occupent la place et viennent les remplacer si désavantageusement,qu’on fait, en les apercevant, des vœux pour les voir disparaître. Tout le rez-de-chaussée,d’ordre toscan, est construit en assises à bossages piqués; et les trumeaux, dans leurpartie supérieure, sont décorés d’une niche circulaire contenant de gracieux bustes imités

de l’antique (voy. pl. 5 et fîg. 3). On nesaurait trop le répéter, ces deux façadessont à la fois belles et imposantes, et peu-vent passer hardiment pour une des plusbelles pages d’architecture de la secondemoitié du xvi° siècle. C’est à l’un de ces corpsde logis que l’on a ajouté, il y a une ving-taine d’années, une construction en style duxv c siècle, dont la chapelle occupe le centre(en C du plan général). Ces additions sont, ànotre avis, loin d’être heureuses, et on ne peut s’empêcher de regretter que, pourcompléter une aussi belle œuvre de la fin de la Renaissance, on ait adopté le stylegothique qui, en détruisant l’harmonie générale, a, de plus, F inconvénient d’être anté-rieur à la fondation de l’édifice.

L’intérieur du château a malheureusement subi de nombreux remaniements : une seulechambre a conservé intact son ancien ameublement. On y remarque surtout une grandecheminée d’un bel aspect, mais assez mal exécutée. Le plafond à solives montre encore sespeintures anciennes, et les murs sont toujours revêtus de merveilleuses tapisseries. Lasalle dite des Gardes, bien qu’elle ait été restaurée, a aussi conservé un parfum d’an-cienneté. C’est dans cette immense pièce que l’on voit la cheminée, dont nous donnonsun croquis fîg. 4, et des détails pl. 8 (1). Le grand escalier du château, situé au milieu

(I) Nous avions eu tout d’abord la pensée de graver cette cheminée à une grande échelle, mais nous nous sommesaperçu, en la mesurant, qu’elle avait été considérablement remaniée, et que des parties entières avaient été refaites enplâtre. Nous avons dû, en conséquence, nous borner à en reproduire seulement les riches colonnes, ces fragments étantles seuls qui nous aient paru intacts et authentiques. Us sont d’ailleurs d’une exécution parfaite.

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