HOTEL DE VOGUÉ,
XVII' SIÈCLE
L’hôtel (le Vogüé, à Dijon , situé rue Notre-Dame, tout près de l’abside de cette belleet caractéristique église, peut passer, peut-être, pour la construction particulière la plusintéressante et la plus remarquable de la capitale de l’ancien duché de Bourgogne . Cecurieux édifice, bien connu des artistes qui ont voyagé, est dû aux premières années duxvif siècle. Depuis longtemps déjà, il a été signalé par des archéologues dijonnais , et mêmepublié par fragments dans divers ouvrages d’architecture ; ce n’est donc pas, on le voit,un travail absolument inédit que nous offrons aujourd’hui à nos lecteurs, ü fautmême avouer que, primitivement, nous n’avions pas compris, dans le nombre desmonographies devant entrer dans notre publication, celle de ce remarquable monument;mais il faut ajouter aussi à cet aveu, que nous serions, à cette heure, au regret d’avoirpersisté dans nos premières intentions. Nous y avons d’ailleurs renoncé aussitôt que nousavons pu être à même de voir et d’étudier sur place cette précieuse construction bour-guignonne. Alors, et pour racheter peut-être la proscription imméritée que devait subirle vieil hôtel, mais surtout entraîné par son incontestable mérite, nous avons pris le partide le dessiner au grand complet, depuis les façades générales à l’aspect sévère jusqu’auxdétails de sculpture d’une importance même secondaire. Nous avions, du reste, fort àfaire en présence de cette splendide architecture des premières aimées du règne deLouis XIII; il n’existe peut-être pas, dans toute la Bourgogne, voire même eu France ,d’habitation privée de cette époque aussi variée dans ses détails, aussi complète,"aussibien conservée dans ses ensembles. En effet, n’avons-nous pas retrouvé là, encore deboutet intacts, l’élégant petit puits de la cour postérieure ou plutôt du jardin, les gracieuxépis des combles, et la vénérable lanterne ayant éclairé, pendant deux siècles au moins,le vaste escalier de l’hôtel ? N’avons-nous pas aussi contemplé de riches et précieusesboiseries sculptées, admiré un imposant mobilier contemporain de l’édifice? Très-peu deces remarquables accessoires ont pu trouver grâce devant notre burin, tous venaientcompléter, d’une façon heureuse, la reproduction des constructions principales et de lasculpture proprement dite.
Cependant, après avoir mesuré et dessiné sous toutes ses faces le caractéristique hôtel
de la rue Notre-Dame, autrefois rue de la Chouette, nous dûmes aussi nous enquérir de
son origine et de son histoire. Nous ne pouvions, en effet, présenter au lecteur tant de
beaux détails d’architecture, sans lui dire par qui ils avaient été créés ou inspirés, sans
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