3(5 PALAIS, CHATEAUX, MOTELS ET MAISONS Dü QUINZIÈME AU DIX-lIUITIÈME SIÈCLE.
santé. Un manteau, noué à la ceinture, couvre toute la partie inférieure de ce Janusféminin. La cariatide masculine est un personnage vigoureux, au mâle visage, dont labarbe soignée se divise en deux parties et s’étend jusqu'aux épaules. Les bras sont coupés.Un manteau, noué à la ceinture et aux deux épaules, est jeté sur ce personnage her-culéen ; les plis en sont disposés avec art, et contribuent puissamment à donner à lafigure entière un grand caractère de beauté, atténué cependant par sa lourdeur générale.
La façade en B du plan (pl. 3) nous paraît des plus intéressantes. Ou y remarquesurtout, au-dessus d’une ouverture cintrée dont l’archivolte est formée de claveaux àbossages, une charmante et riche fenêtre en saillie. Cette fenêtre montre a sa base uneplaque ornée d’un rnascaron; elle est terminée au sommet par un élégant ornement enforme de fronton. La fenêtre du premier étage, elle, n’offre aucune saillie, et se trouve,en outre, privée de toute décoration. L’ouverture cintrée qui existe à la base dupavillon était sans doute destinée autrefois au passage de la Bièvre, dont le cours a dûêtre détourné lors de la construction de'l’aqueduc moderne. Quant à l’ordre adopté pourla décoration de cette façade, il est dorique au premier étage ; au second il est ionique.Ce sont des pilastres accouplés occupant les angles de la façade. Ceux du premier étagemontrent, en leur milieu, une plaque échanerée, suspendue par une draperie à un muflede lion. Ces plaques, ou cartouches, destinées sans doute à recevoir une inscription, vien-nent rompre, assez heureusement en cet endroit, la sécheresse des lignes, et diminuer aussila lourdeur des pilastres mêmes. Les pilastres plus légers du deuxième étage sont entourésde petites niches privées actuellement de leurs statues, mais entourées, à la base et ausommet, de ces sortes de plaques ornées fréquemment répétées dans la décoration denos deux façades.
La planche 4 montre le plan du pavillon que nous venons de décrire et des détails desordres adoptés dans sa décoration. Nous avons figuré aussi sur la même planche lescharmants fleurons sculptés à l’intersection des meneaux des fenêtres.
11 nous reste maintenant à exprimer tous nos regrets de ne pouvoir donner aucunrenseignement positif sur l’origine de la curieuse habitation d’Arcueil ; malgré notre vifdésir, il nous a été impossible de faire mieux. Au surplus, ce qu’il importait avant tout,il nous semble, c’était de sauver en quelque sorte de l’oubli ces deux beaux fragments dela Renaissance. Malgré les grandes difficultés .éprouvées, de ce coté du moins, notre butaura été à peu près atteint. .