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Tome premier.
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PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

d’abriter ces trois nobles têtes ; ils ne recueillirent plus les paroles graves et généreusesde l’amiral. Mais leur souvenir a triomphé de la mort et des siècles écoulés. 11 protège,même contre la double faux du temps et de l’indifférence des hommes, ces tourelles,ces murs, cette demeure. Voir Tanlay, c’est voir les Coligny; marcher sous ses voûtes,c’est réveiller leur nom ; penser la nuit au bord de ses balcons, c’est évoquer leurombre. Briser ces pierres, ce serait donc plus qu’une démolition simplement coupable,ce serait un triple sacrilège, car on broierait à la fois un berceau, un asile, unetombe. »

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Cependant d’Andelot s’était marié deux fois, et de la seconde union, contractéeen 1504, naquirent François de Coligny , seigneur de Tanlay; Benjamin, seigneur deSully et de Courcelles, et Aune de Coligny, dame de Tanlay. Mais les deux descendantsmâles disparurent : le premier en France, près de Saintes, et l’autre en Hongrie . 11 nerestait plus qu’Anne de Coligny, dame de Tanlay, à qui revint la seigneurie de ce nom.Elle avait épousé en 1574 Jacques Chabot, duquel nous avons déjà dit quelques motsprécédemment, et dont la famille était des plus illustres. Jacques Chabot s’établit doncà Tanlay, où il éprouva à sou tour le désir de marquer son passage dans la résidence eny ajoutant de nouvelles constructions. Mais, chose digne de remarque, sa pensée ne sedirigea pas vers les constructions laissées inachevées par le père de sa femme. 11 conçut,nous l’avons dit, le plan d’une autre habitation, et l’on vit s’élever le corps de logisdont nous montrons la façade dans notre planche 11. Jacques Chabot ne devait pas ache-ver ce charmant petit édifice ; la mort le surprit en 1630, vingt ans après que le « petitchâteau » avait été commencé. Ce ne fut pas le temps, cependant, qui manqua au mar-quis de Mirebeau pour achever cette remarquable et singulière construction, qui semblejouer en quelque sorte le rôle de portique du château proprement dit, et annoncer avecun certain orgueil la splendeur de la résidence entière.

Ce fut encore une femme, Catherine de Chabot, fille du marquis de Mirebeau et d’Annede Coligny, qui recueillit l’héritage de Tanlay. En 1035, elle épousa en secondes nocesClaude Vignier, seigneur de Yillcmort, premier président du parlement de Metz , quivendit peu après, en 1042, à Michel Particelli , seigneur d’Hémery, les terres de Tanlayet leurs dépendances. C’est à ce nouveau possesseur, devenu peu de temps après surin-tendant des finances, qu’il était définitivement réservé d’achever le château, et de fairede cette habitation, déjà remarquablement grande, une des plus somptueuses, des plusvastes résidences seigneuriales du xvn c siècle.

D’Hémery, comme financier, est diversement jugé par les historiens. 11 ne nous appar-tient guère, on le comprend, de joindre ici notre blâme à ceux qui l’ont accusé de pro-digalité et de malversation, seule genre d’immortalité, à peu près, dont soient suscep-tibles d’hériter ceux de sa profession. Peut-être, cependant, lui aurions-nous jeté aussinotre pierre en passant, s’il n’avait puissamment laissé l’empreinte de sa main d’or sur