PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.
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IV.
Nous venons de développer en quelques pages, et très-imparfaitement, l’historiquedu château de Tanlay ; il nous reste maintenant à le décrire au point de vue de Fart , età expliquer les nombreuses gravures qu’il nous a inspirées.
La grande avenue tracée par le surintendant d’Hémery, aboutit en ligne directe à lagrille d’entrée du château, à côté de l’église. De gros pilastres fort simples soutiennentcette grille de fer, ornée dans le goût du dernier siècle (en A du plan général). Ontraverse sur une arche le ruisseau qui longe le bourg et le sépare des nombreusesdépendances du château, et l’on se trouve entre deux murs présentant deux fronts debastion dont la base baignait autrefois dans un fossé comblé à cette heure. Le corps delogis nommé « le petit château » s’élève en suite (en B du plan) : un large fossé étaitcreusé en avant de la façade, et l’on ne pouvait pénétrer dans l’intérieur du bâtimentqu’en franchissant un pont-levis dont il 11e reste actuellement que les embrasures.Nous avons dit que Jacques Chabot, marquis de Mirebeau, ordonna la construction dece logis (1). »
Le « petit château », large de 24 mètres de façade, sur 11 de profondeur, présenteun type d’architecture peu commun. Il tient le milieu entre la renaissance proprementdite et le style dit de Louis XIIL Ce n’est plus la finesse du premier, ce 11’cst pas encorela lourdeur souvent regrettable du second. La brique n’apparaît nulle part 5 tout estfait de pierre de taille, et la décoration entière est conçue et exécutée avec une énergiede ciseau extrêmement remarquable. Les saillies diverses des ornements et des mou-lures sont puissantes : les reliefs et les creux sont indiqués d’une manière fort habile,et avec une parfaite entente de l’effet pittoresque que doit toujours produire un bâtimentdestiné à être vu sous des aspects différents (voy. pi. II et III). Nos éloges, cependant,s’adressent de préférence à la partie supérieure de l’édifice ; la critique trouveraità s’exercer sur la partie inférieure, conçue, il nous semble, dans un esprit de rusti-cité outré et brutal. Toutes les ouvertures, encadrées de bossages multipliés et violem-ment accusés, donnent assez à cette partie du bâtiment l’aspect d’un chantier de boisempilé. Il est vrai que le pont-levis absent, et le fossé creusé de nouveau depuispeu, devaient donner à la construction entière une tout autre physionomie. Cetterusticité, objet de nos critiques, pouvait se trouver, à la rigueur, plus en harmonieavec l’eau du fossé qu’avec la terre ferme ; mais il nous a été impossible d’en juger.Ce que Fou remarque avant tout dans la façade principale du logis de Jacques Chabot,ce sont les divers piquages de la pierre ; piquages variés à l’infini, et, par places,vraiment extraordinaires. Il est impossible, à l’examen de notre gravure, de se rendre
(1) Un de nos amis, M. Victor Petit, nous dit que depuis notre séjour au château, M. de Tanlay a rétabli en partiel’ancien fossé; ce qui doit donner au « petit château » une tout autre physionomie. Nous regrettons de n’avoir pumarquer davantage sur notre gravure cette importante restitution.
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