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Tome premier.
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PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS,

succéda Balthazard du même nom, marquis de Châteaunenf,. qui eut pour fils LouisPhélypeaux , marquis de la Vrillière. C’est ce dernier qui vendit, en 1704, à Jean T lié ve-nin, gouverneur de Saint-Denis , secrétaire du roi, le marquisat de Tanlay. Le nouveaupossesseur obtint, par lettres patentes du mois de mars J7Üo ; la confirmation du titre demarquisat à la terre de Tanlay. La descendance de Jean Tliévcnin a conservé, sans inter-ruption jusqu’à nos jours, cette belle propriété.

Jusqu’ici, on peut le voir, rillustration que donnent la gloire, le bruit, n’a, pointmanqué à Tanlay. La dernière période de son histoire va nous montrer, à sou tour, unefamille où la bonté, la sollicitude et la bienfaisance sont en quelque sorte héréditaires.Les descendants de Jean Thévenin ont tous appartenu h la haute magistrature : ilsparcoururent avec honneur cette belle carrière, revenant chaque année à Tanlay poury faire le plus de bien possible. Aussi furent-ils tous aimés des populations qui lesentouraient ; et quand vinrent les jours difficiles, l’époque des récriminations et desvengeances, le château n’eut rien à expier : ses maîtres purent rester paisibles, et luidebout.

Le possesseur actuel, M. le marquis Louis de Tanlay, n’épargne rien pour assurerla parfaite conservation de son immense château. La tâche doit être lourde, sans nuldoute, malgré la bonne fortune dont il est possesseur, mais non au-dessus de son bongoût et de sa volonté cependant. Le château de Tanlay, comme la plupart des habitationsde ce caractère, a dû toutefois subir un certain nombre de modifications : le goût com-

mandait seulement de faire une part intelligente au passé, de respecter, avant tout etquand même, les pièces qui ont un type spécial, et dont la transformation deviendraiten quelque sorte une profanation, M. le marquis de Tanlay a parfaitement compris ces

justes, ces impérieuses exigences, et l’antiquaire le plus méticuleux serait en peine delui adresser le moindre reproche. Nous l’avons dit déjà, M. de Tanlay aime beaucoup lesarts et surtout les artistes ; il ne laisse échapper aucune occasion d’être utile à ces der-niers, de les protéger au besoin. Nous nous souviendrons toujours, quant à nous, del’aimable accueil qui nous fut fait à Tanlay, bien que d’abord complètement inconnu duchâtelain. A force de parcourir en toute liberté les vastes appartements du château, devoguer sur les immenses pièces d’eau, de nous promener dans le parc et dans les envi-rons de ce riant pays, nous en étions arrivé à nous croire tout à fait chez nous. Du andil fallut partir, nous regrettions, certes, le splendide château que nous venions deconquérir à la pointe de notre crayon ; mais nous regrettions surtout de nous éloigner del’excellent marquis de Tanlay, que nous ne saurions assez remercier ici de sa parfaiteobligeance, de son inépuisable bienveillance à notre égard.