DU XV e AU XVIII e SIÈCLE
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fallait des plaisirs plus vifs, et par conséquent l’intimité et la solitude. La demeure royaledut plus d’une fois lui servir ; mais on comprend que malgré son peu de scrupule, unepetite maison était mieux son affaire. Aussitôt la question qui nous occupe se passaitd’une façon très-nette. On est prince après tout, et il est encore assez prudent de ne pasafficher ses désordres. La femme à laquelle on s’adresse pourrait avoir à en souffrir, sile populaire voyait trop ce qu’il ne veut pas voir : il a parfois de singuliers caprices, etil est brutal dans ses sévérités. Il pourrait se ruer sur la belle pécheresse, si on luicriait trop haut l’endroit où elle se tient. Ayez donc, ô prince ! une maison discrète, auxdehors suffisamment simples, ne trahissant pas son incognito par un luxe imprudent.Hormis quelques habiles souriant avec malice, on dira en le voyant : Ce logis si ordinaire,c’est la maison de Guillaume Toutain, valet de chambre de Sa Majesté. Vous pourrezalors vous présenter à votre aise chez votre valet ; à l’intérieur tout sera disposé pourl’idole ; autant les dehors seront simples, autant l’intérieur sera brillant et paré. L’or, lemarbre, les couleurs les plus variées, les combinaisons les pins ingénieuses de la statuaireet de la peinture se déploieront comme à l’envi autour de la belle duchesse et de sonadorateur, et vous pourrez vous croire, vous souverain, elle duchesse, au milieu dessplendeurs de vos palais royaux.
Allons plus avant dans la démonstration. L’un des caissons de la tourelle enencorbellement de la cour laisse voir au centre d’un cartouche le millésime 1540,
année précieuse à constater sur les parois de l’édifice, à cause des indications qu’on enpeut tirer. De plus, la maison, nous l’avons dit plus haut, a sa façade sur la rue deRecouvrance, et des jours nombreux sur la rue de la Chèvre qui danse ; or, voici ce quenous dit M. Vergnaud Romagnesi, dar s sou Histoire d’Orléans :
« Mademoiselle d’Heilly, qui prit plus tard le titre de duchesse d’Etampes, étaiten 1540 au plus liant degré de faveur. Son oncle, Antoine Sanguin, qu’elle avait faitnommer évêque d’Orléans , l'attirait souvent dans cette ville, et à l’époque du passage deCharles-Quint , c’est-à-dire en 1540, elle demeurait dans le quartier Saint-Eufroy. Or,Saint-Eufroy était une petite chapelle située entre les rues de Recouvrance, de la Chèvrequi danse et de l’Ecu d’or. »
Résumons à présent ce que nous avons déjà constaté. D’après les documents recueillisdans l’ouvrage précité, la belle duchesse, attirée souvent par son cle, habitait lequartier Saint-Eufroy. C’est là qu’elle habitait, et non à l’archevêché, ce qui eût été plusnaturel. Du temps de la duchesse existait une maison marquée de singuliers emblèmes,portant dans toute sa décoration des indications amoureuses et les distribuant autourde sujets licencieux ; laissant voir une date précise, la seule qu’elle renferme, l’année1540, où la duchesse était dans son plus grand crédit. Cette maison est semée partoutde marques royales, Heurs de lis, salamandres, écussons aux armes de France ; elle estindiquée par la tradition comme ayant été érigée par François I er , mais montrée dansles titres connue bâtie par un valet de chambre et décorée par le premier Valois ; offrantenfin cette bizarrerie la plus singulière de toutes, un extérieur dont l’insignifiancevraiment bourgeoise entoure un luxe éblouissant et des merveilles décoratives dignes
ut.