10 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS
de la royauté. Qui ne reconnaîtrait, à ces nombreux indices, une maison de plaisir où leroi François I er avait placé la duchesse, et où il venait librement oublier sa grandeur,se livrer à son amour ?
Nous savons bien qu’on a opposé des raisons qui, au premier abord, ne sont pas sansvaleur ; mais un examen bien attentif les fait bientôt écarter pour s’attacher a laconclusion énoncée jusqu’ici, conclusion qui a pour elle les autorités les plus graves :M. Yergnaud Ilomagnesi, dans sa belle Histoire d’Orléans , et M. de Buzonnière, dansles deux volumes si consciencieux et si savants, intitulés : Histoire architecturale de laville d’Orléans. Nous allons emprunter à ce dernier et les objections et les réponses.Quand on a si bien dit et d’une façon si érudite, on a droit à être cité, sans appréhenderde voir sa pensée défigurée par une analyse.
« Si les armes de France ne laissent aucune incertitude sur le rang des personnagesqui ont habité ces appartements, les dauphins peuvent donner lieu à quelques discussions.Ils semblent indiquer que le roi logeait sur la rue, et que les pièces du fond étaientdestinées au dauphin, qui régna depuis sous le nom de Henri II . Cependant la traditionveut qu’elles aient été habitées par François I er lui-même, et quelque idée que nous nousfassions de la liberté des mœurs royales à cette époque, nous avons peine à croire qu’unpère ait donné à son fils, comme prince royal, un appartement d’honneur dans unede ses petites maisons. Nous aimons mieux ne voir ici qu’une ornementation due augoût de l’architecte.
» La question des armoiries peut jeter un archéologue dans un nouvel embarras. —Un écusson sculpté sur une poutre, au premier, dans le bâtiment du fond, est parti aupremier d’une main senestre issant du flanc droit de l'écu, et tenant une palme, audeuxième d’un arbre arraché et accosté d’une moucheture d’hermine. — Quelles étaientces armes qui prenaient place auprès dé celles du roi ? Des hommes profondémentversés dans la science héraldique nous ont déclaré ne pas les connaître.
» La plaque de la cheminée de la pièce destinée aux gens de service est d’un dessinfort riche : elle présente trois écussons. Au milieu'' ’lans une couronne de chêne, un écuportant d’un chevron sommé d’une fleur de lis placée entre deux étoiles et d’un fermailposé à la pointe de l’écu. De chaque côté un écusson déchiqueté, Fun portant d’unchevron chargé en chef d’un croissant, et sur les deux côtés de deux molettes d’éperon,et accompagné de trois fleurs épanouies pendantes sur leurs tiges et posées deux enchef et une en pointe ; l’autre écusson portant d’un chevron chargé en chef d’un crois-sant, et sur les deux côtés de deux molettes d’éperon accompagné d’une tête de chevalà senestre, d’une fleur épanouie pendant sur sa tige à dextre, et en pointe d’un écureuildressé contre une tige de fleur.
» On voit que les écussons latéraux indiquent deux branches d’une même souche.Celui qui occupe le milieu, d’après sa position et sa couronne, révèle une position socialeplus relevée. Mais la fleur de lis qui s’y trouve n’est évidemment ici qu’une distinctionaccordée. 11 n’y a donc rien de royal dans ces armoiries ; mais à quelles familles ont-ellesappartenu ? Sans oser rien décider à cet égard, nous nous bornerons à présenter quelques