DU XV e AU XVIII e SIÈCLE
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VIII.
La partie tout entière du vieil Orléans où se trouve la maison dite de Jean d’AJibertétait encore, il y a quelques années, presque uniquement composée de maisons du xv e etdu xvi e siècle. Au moment où nous dessinions les maisons d’Orléans , le marteau desdémolisseurs avait déjà fait de larges brèches dans ce groupe de jolies maisons d’un autretemps. La cité orléanaise est en train d’imiter Paris ; mais si elle doit y gagner au pointde vue de l’hygiène, elle y perdra incontestablement au point de vue de l’art et de l’ar-chéologie. Du reste, la ville d’Orléans n’est pas seule à entrer dans cette voie de démo-lition et de reconstruction qui est la négation du passé : Rouen , la cité par excellence dumoyen âge; Caen, son émule et sa rivale; Troyes, Dijon, Lisieux , etc., etc., toutesvilles peuplées de vieilles maisons et de vieux édifices, marchent à l’envi sur les tracesde la capitale. C’est un mot d’ordre donné dans toute la France de démolir les construc-tions anciennes et de les remplacer par de nouvelles bâtisses parfaitement uniformes, etconçues selon nos besoins modernes, il est vrai, mais aussi et très-souvent parfaitementinsignifiantes, dépourvues de tout caractère. Effacer, anéantir le passé est un besoin denotre temps contre lequel il n’y a pas à réagir et à lutter. La transformation des mœurs,la multiplicité des besoins nouveaux, commandent la transformation des cités ; et s’il fautregretter, au point de vue de l’art, la disparition de tant d’édifices intéressants, on nepeut en méconnaître non plus, sans faire preuve de mauvais vouloir, le besoin impé-rieux. La vie moderne a besoin d’air et d’espace. Les ruelles pittoresques, mais malpro-pres, du vieux temps, n’ont plus de raison d’être, elles ne sont plus de mise. Non-seule-ment l’édilité exige leur suppression, mais la masse entière de la population la demandeégalement. Nous, artistes amoureux du passé, il faut donc mms résigner ; il faut nousborner à émettre un vœu, et ce vœu consiste à demander à nos architectes modernes dejeter dans leurs constructions, tout en satisfaisant au programme des besoins actuels etaussi au besoin de régularité à Ford" 1 du jour, un peu de cette verve décorative, un peude ce bon goût incontestable et pv. mnt original, un peu de cette exécution savanteet hardie que nous rencontrons partout, toujours, sur les façades des maisons quidisparaissent.
IX.
Revenons à la maison de Jean d’Alibert. La façade, irrégulière, mais très-gracieuse,
offre une identité presque complète avec une maison de la même époque, située non loin
de là, rue Pierre percée. Cette dernière maison est connue dans la ville sous le nom de
« maison de la Coquille », parce qu'une coquille entre dans la décoration de la partie
supérieure de la porte d’entrée. Ces deux maisons sont, à n’en pas douter, l’œuvre du
même architecte ; mais la maison de la rue Pierre percée, plus sévère, plus régulière et
peut-être plus soignée, a dû être élevée quelques années après, et a servi incontestable
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ni.