18 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.
ment à développer, à parfaire le.système de décoration adopté dans la première. Cepen-dant, nous retrouvons çà et là, dans la maison' du Marché à la volaille, certains détails,certains motifs d’arrangement qui ne le cèdent en rien à la maison rivale, et souventmême leur sont supérieurs. Les deux façades sont fort belles, et peuvent passer pour desplus intéressantes et des mieux conservées de la ville d’Orléans : voilà ce qu’on peutavancer sans crainte. .
Dans la façade du logis d’Àlibert (pl. IV), nous voyons, comme à celui de la ruePierre percée, une grande ouverture cintrée en prendre, au rez-de-chaussée, presquetoute la largeur. Une toute petite porte, également cintrée, a pu cependant trouver placeà gauche, dans l’axe d’un long couloir conduisant à l’escalier. Cette petite porte, un chef-d’œuvre de finesse et de bon goût, a conservé sa menuiserie du^temps, d’un style plussévère, semble-t-il, que la décoration entière de la façade. — Nous montrons (pl. VI) cettejolie porte de bois où, au centre d’un cartouche compliqué, se voit un mufle de lion fortsaillant. — Au-dessus de la porte d’entrée existe une ouverture jumelle destinée à éclai-rer le couloir. L’architecte a utilisé ce besoin au profit de la décoration, car nous voyonsl’ouverture jumelle enfermée dans un cintre ou fronton soutenu par de toutes petitescaryatides à gaines, et terminé au sommet par un cartouche soutenu de deux chimères. 9— Ici l’architecte pourrait, à notre avis, être accusé de tomber dans un excès de finesse,dans la mièvrerie. — Tout cet ensemble est, il est vrai, d’une parfaite exécution, maisil manque de force et d’ampleur ; ajoutons que le cintre de la porte, surmonté d’unautre cintre de mêmes dimensions, n’est pas d’un effet très-heureux.
Le rez-de-chaussée montre un certain dédain de la symétrie, qu’on retrouve aux étages,mais moins accusé. Cinq pilastres au premier et à l’étage supérieur divisent cettepartie de la façade : ces pilastres sont ornés de filets gravés. Au centre, deux fenêtres,l une large et l’autre étroite, sont surmontées de cartouches compliqués (voy. pl. VIII, etfig. 7). La figure 8 montre le cartouche rectangulaire qui se voit au-dessus de l’arc de la
Fig. 7.
boutique, et la figure 9 le profil de l’entablement du premier étage. Les chapiteaux et lesbases sont parfaitement traités, et prouvent que ces parties ont été confiées à une mainexercée (voy. pl. VII). Quant aux petites ouvertures qui répandent aux deux étages l’airet la lumière dans le couloir, elles sont d’une excellente proportion et parfaitement déco-