DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.
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Dans le compartiment du plafond qui suit, le ciel est ouvert : Jupiter regarde Hercule avec complaisance et lui présente son épouse Hébé, déesse de la jeunesse, Mars paraîtapplaudir à cette scène, tandis que Diane considère avec étonnement l’implacable Junon ,dont la colère est désarmée par les vertus héroïques d’Alcide. Atlas, aidé des Vents,soutient le groupe de ces divinités.
Fig. 10.
À l’extrémité opposée de la galerie, c’est-à-dire au-dessus de la porte principale, est.nous l’avons déjà dit, le magnifique buffet dressé par les soins de Bacchus et de Pan. Plusloin, en revenant du coté de l’eau, on voit sur les nuées, Gérés, Cybèle et Flore,ordonnant les apprêts de la fête ; les suivantes de ces déesses ornent la salle deguirlandes, de festons, de vases et de fleurs.
Dans le milieu de la voûte sont peintes deux pièces de tapisserie qui paraissent avoirété attachées au plafond pour la décoration de la fête : sur l’une est représenté le secondcombat d’Hercule avec les Centaures, et sur l’autre la délivrance d’IIésione. Les figureset les ornements, feints de sculpture en marbre, qui couronnent la corniche, représententles principaux travaux d’Hercule (1).
Ce plafond de Le Brun est, on ne peut le nier, un chef-d’œuvre, non de peinture, oude dessin, non de composition, si l’on veut, mais un chef-d’œuvre de décoration archi-tecturale. C’est bien une œuvre de ce genre, conçue comme elle, exécutée comme elle,qu’il fallait jeter sur la voûte surbaissée de cette belle galerie. Si le talent de Le Brun
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est moins sympathique, moins pur, moins poétique, moins savant même que celui deLe Sueur , si sa couleur est moins harmonieuse et moins éclatante aussi, on ne peut nierqu’il n’ait possédé, au premier chef, un immense talent de décorateur. Le plafond de lagalerie que nous décrivons en est une preuve sans réplique (2).
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(1) Nous y voyons les scènes suivantes : Hercule étouffant le lion de la forêt de Nérnée, — Hercule vainqueur de l’hydrede Lerne, — Hercule apportant le sanglier d’Erymanthe, — Hercule arrêtant la biche aux cornes d’or de la montagne deMenale, — Hercule domptant le taureau que Neptune avait envoyé en Grèce, — Hercule vainqueur de Diomède et de seschevaux, — Hercule vainqueur du dragon des Hespérides, — Hercule entraînant Cerbère, — Hercule au repos après sestravaux.
(2) Nous ng croyons pas inutile de résumer ici et en quelques lignes la vie artistique de ces deux grands peintres, dontle souvenir est à tout jamais intimement lié à ceux de l’hôtel Lambert.
Eustache Le Sueur naquit en novembre 1617 et mourut le 30 avril 1655, âgé seulement de trente-huit ans, mais si savit fut courte, elle fut admirablement remplie. Il a peint un grand nombre de tableaux et a laissé une quantité de dessinset d’études presque incroyable. Ainsi, pour la vie de saint Bruno qui comprend 22 tableaux, le nombre des dessins quini. * 22