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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.
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L’histoire de l’hôtel d’Écoville 11 ’est pas des plus abondantes en détails. Fondé en 1538par Nicolas Le Valois, seigneur d’Écoville, il demeura longtemps dans la famille du fonda-teur. et passa vers le milieu du xvif siècle en la possession d’un homme érudit, poète latinet plein de zèle pour le progrès des sciences, Moisant de Brieux. Celui-ci avait loué unepartie de son hôtel à un libraire dans la boutique duquel il rencontrait souvent le savantHuet, plus tard évêque d’Avranches , et d’autres littérateurs distingués (1). Comme ils setrouvaient là à l’étroit et trop souvent dérangés dans ce local, Moisant de Brieux leurproposa de se réunir chez lui une fois par semaine. Telle fut l’origine de l’Académie deCaen, qui reçut en 1705 des lettres patentes de Louis XIV .
L’ancien hôtel de ville où la commune de Caen, affranchie en 1203 par Jean-sans-Terre , avait ses séances, se trouvait situé sur le pont Saint-Pierre; il fut démoli en 1750,et la municipalité se transporta dans l’hôtel Le Valois ou d’Écoville, que nous décrivonsaujourd’hui. A la révolution, l’hôtel de ville fut transféré dans l’ancien séminaire desEuclistes, sur la place Royale, où il est encore. Ce changement eut lieu en 1793. Presqueabandonné aujourd’hui, l’hôtel d’Écoville est loué en partie à des particuliers. Une autrepartie est affectée au tribunal de commerce. Une grande pièce a été récemment prati-quée au rez-de-chaussée de l’aile droite du logis, pour servir de lieu de réunion auxnégociants et quelquefois de salie de concert.
Ainsi, de 1790 à 1793, l’hôtel du Grand cheval servit d’hôtel de ville. Les aiméesbruyantes qui ont précédé la Terreur ont dû graver dans son histoire plus d’un souvenirineffaçable. Nous ne voulons pas entreprendre leur exposé, ce serait tracer l’histoireentière de la révolution à Caen ; mais cependant nous ne voudrions pas laisser sous silenceun des épisodes les plus sanglants de cette époque effrayante, dont le dénoûment terribleeut lieu devant l’hôtel de ville et dans sa cour. Nous voulons parler de la mort, ou plutôtdu massacre du jeune Henri de Balzunce, major en second du régiment de Bourbon.C’est une tragédie véritable ou mieux épouvantable. Nous en empruntons le récit à undramatique écrivain (nous ne voulons pas dire un écrivan dramatique, ce qui seraitentièrement faux), M. Alphonse Esquiros, dans son travail sur Charlotte Corday . Nousabrégeons son récit.
« En 1790, deux régiments stationnaient à Caen , dans la caserne dite de Vaucelles ;c’étaient le régiment d’Artois et le régiment de Bourbon. L’un portait la médaille ettenait pour le peuple, dont il était aimé ; l’autre, composé de jeunes officiers attachés auparti royaliste et de soldats gagnés, inspirait dans la ville une grande défiance. La haineet les soupçons des bourgeois portaient principalement sur le comte Henri de Belzunce,major en second du régiment de Bourbon.
(1) Huet, évêque d’Àvranches, est né à Caen. Voici, sur ce prélat, le jugement du comte Joseph de Maistre : « A Bossuet,à Fénelon, cet honneur éternel de leur siècle et du sacerdoce français , il faut joindre Huet. Il est moins connu que lesdeux autres, à cause de sa vie retirée et parce qu’il n’écrivit presque qu’en latin ; mais son mérite fut immense. Géomètre,physicien, antiquaire, hébraïsant, helléniste du premier ordre, latiniste délicieux, prêtre enfin, rien no lui manque. »iv. 5
msm