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Tome quatrième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE

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circulation commode et propre à assainir la ville entière. C’est bien. Mais pourquoi, lors-qu’un édifice de l’importance et du mérite du nôtre se trouve situé au centre d’unegrande et populeuse cité où les étrangers abondent journellement ; pourquoi, disons-nous, laisser ce monument dans l’abandon, dans la décrépitude ? pourquoi au contrairene pas le restaurer avec soin, et le montrer avec orgueil comme une des belles choses,la plus belle même, comme architecture privée, que possède cette ville si riche enmonuments ? Si nous avions l’honneur d’être quelque chose dans la cité normande,si nous y jouissions de quelque crédit, nous ferions tout au monde pour faire décréterla restauration complète d’un édifice aussi parfait : nous aurions par là bien méritéde nos concitoyens et peut-être de la postérité.

V

Dans la planche XIII de cette monographie, nous montrons à une toute petite échellela façade principale ou sur la place, restituée d’après les documents que nous avonsrecueillis, et surtout d’après ce qui existe encore. Pour être en quelque sorte improviséeet faite sans une étude approfondie de l’édifice, la tâche présentait quelques difficultés.Il existe en effet certaines parties que l’examen sérieux du système de constructionpermettrait seul, peut-être, de restituer dans leur état primitif. Ainsi, le cavalier dutympan, à la porte d’entrée, n’existe plus, ainsi que celui, plus important, sculpté aucentre du motif décoratif qui se découpe magistralement sur le comble. Les fenêtres durez-de-chaussée sont remplacées par des boutiques modernes, et le soubassement toutentier n’existe plus. Çà et là des ouvertures, modernes aussi, ont remplacé les anciennes ;les lucarnes sont défigurées, c’est-à-dire qu’elles ont reçu la plupart des additions com-promettantes. Enfin, cette façade qui, à n’en pas douter, a dû être une chose réussie etextrêmement soignée, n’a rien conservé de la grandeur de son aspect primitif : lesenseignes banales, les plantes grimpantes, les vulgaires pots de fleurs, les boutiquespeintes du rez-de-chaussée, les balcons grotesques, etc., en font une façade presquevulgaire et dépourvue d’intérêt ; il faut la persistance de l’artiste pour découvrir, àtravers ces anachronismes regrettables, la fermeté des lignes, la finesse des sculptureset l’entente raisonnée de toute la décoration. Encore une fois, nous déplorons amèrementcet état de choses, et nous faisons des vœux pour que la ville de Caen daigne enfins’apercevoir de l’existence du plus bel édifice civil, sans contredit, que renferment sesmurs (voy. planche XIII).

Notre planche I re contient le plan général de l’hôtel. 11 est à croire que la grande

salle en A, qui sert de bourse à cette heure et quelquefois de salle de concert, était

primitivement divisée en deux et même en trois parties. N’ayant trouvé aucune trace

de ces divisions probables, nous ne les avons ni restituées, ni indiquées sur la gravure ;

mais leur existence n’est pas douteuse. Du reste, ce côté tout entier de fhôtel a été

affreusement mutilé. Des deux étages qui existent dans cette aile du logis, on n'en a fait

qu’un ; et les fenêtres si élégantes et si gracieuses qui les éclairaient sont devenues

G

1Y.