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Tome quatrième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.

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Au centre de la façade existe un corps de bâtiment éclairé par deux fenêtres flan-quées de deux colonnes isolées du mur. Ces colonnes servent, à la hauteur de lacorniche, de naissance à une merveilleuse lucarne qui, à elle seule, est tout un monu-ment, tout un poëme. Cette lucarne, sorte de couronnement majestueux des étages,lucarne unique par son importance et sa richesse, vient meubler entièrement le combleélancé de cette partie de la façade. À gauche, au rez-de-chaussée, nous voyons unesorte de loge à ouverture cintrée, surmontée au premier étage d’une fenêtre assez étroitecouronnée elle-mcme au-dessus de la corniche par un amortissement percé d’un œil-de-bœuf. A gauche, sont le perron et la loge, ou vestibule à air libre, qui permet d’arriverau pied du grand escalier. Ce vestibule ouvert de deux arcades cintrées, dont l’une sertde porte, a reçu les décorations sculpturales les plus précieuses et les plus incroyablescomme finesse. Le couronnement des portes est un véritable chef-d’œuvre, et le plafondorné de caissons et d’arabesques sculptés 11e leur cède en rien.

Au premier étage, nous retrouvons une loge semblable comme disposition, et commela précédente percée de deux ouvertures cintrées. C’est dans l’axe de cette loge d’uneffet si heureux et si gai, que se dresse, au-dessus du grand escalier, l’élégante lan-terne qui paraît être un diminutif, un souvenir tout au moins, de la lanterne majestueuseet colossale du château de Chambord . Ce couronnement de l’escalier, auquel se joint uneautre lanterne plus petite au-dessus de l’escalier annexe qui couduit sous la premièrecoupole (voy. le plan de cette partie de l’hôtel, planche VI), était destiné à annoncer auloin remplacement du logis du sire d’Écoville. C’est en quelque sorte le donjon de cettemaison de ville du grand seigneur, et il a pour mission de dépasser par sa hauteur,d’écraser par sa richesse les demeures bourgeoises qui l’avoisinent. Le but a été pleine-ment atteint : la tour à double coupole du logis du sire d’Écoville dépasse fièrement lesplus hautes maisons environnantes, et vient presque lutter de hardiesse et d’élégance avecla flèche ajourée de l’église Saint-Pierre, sa voisine.

Puisque nous venons d’atteindre au sommet de l’édifice, ne devons-nous pas, avantd’en descendre, achever la description de la lanterne ? Il y aurait conscience à ne lepas faire.

Au sortir du grand escalier qui conduit aux appartements des combles, on traversela terrasse existant au-dessus des loges dont nous avons parlé plus haut, et l’on pénètrepar une porte étroite (voy. planche V, l’ensemble de la lanterne) dans le petit escalierdestiné uniquement à conduire sur la plate-forme ajourée de six ouvertures, d’où l’onplane sur la ville tout entière. C’est là le premier étage de la lanterne. Le second, ter-miné comme celui-ci par une coupole de pierre, est à peu près inacessible ; on 11’y parvientqu’avec l’aide d'une échelle dressée à l’extérieur.

Ici se présente une remarque assez importante touchant le symbolisme adopté pour ladécoration de l’édifice. Dans la partie historique de cette monographie, nous avons faitremarquer la grandeur et la noblesse de l’image sculptée qui servait en quelque sorte defrontispice à cette demeure seigneuriale. Le cavalier de l’Apocalypse, dont nous avonsdonné la description minutieuse, venait en effet donner à l’hôtel un caractère de gra-