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Tome quatrième.
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44 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

seurs du château de Joigny . Ce qu’on en peut dire se réduit à quelques dates. Vers lemilieu du xv e siècle, la seigneurie fut érigée en comté. Jusque-là elle avait relevé descomtes de Sens ; elle dépendit alors des comtes de Champagne , et entra successivementdans la famille de la Trémoille et de Laval. Le dernier des Laval mourut en 1590 deblessures reçues à Ivry , et ses deux tantes Gabrielle et Anne vendirent en 1603 lecomté aux Gondi en la personne de messire Pierre, cardinal-prêtre, évêque de Paris etfrère du duc de Retz. En 1676, l’héritière de cette famille épousa un Blanchefort-Créquiet apporta Joigny en dota son époux. En 1703, son fils mourut sans postérité, et elle fitdonation du comté au maréchal Nicolas de Neuville, duc de Yilleroy. Enfin, le derniertitulaire, neveu du maréchal, périt le 28 avril, sur l’échafaud révolutionnaire.

Voilà en quelques mots l’histoire politique du château ; en voici l'histoire archi-tecturale.

Il fut commencé en 1569 par Louis de Sainte-Maure, sur remplacement d’un anciendonjon qui faisait partie d’une forteresse féodale bâtie par Raînard le Vieux, comte deSens, vers la fin du x e siècle. Soit l’œuvre du temps, soit plutôt l’œuvre des hommes, laforteresse s’écroula peu à peu, et à cette heure il n’existe plus que des fragments demaçonnerie, des pans de murs isolés, servant d’appui aux constructions plus récentes.Ces pans de murs faisaient partie de l’enceinte fortifiée. Quant au donjon, il fut rasé et leterrain nivelé en vue des bâtiments à élever. Suivant quelques érudits, les fondationssubsisteraient encore. Quoi qu’il en soit, on ne voit aujourd'hui, sur l’emplacement de laconstruction féodale , que l’édifice à la fois élégant et sévère montré dans cette mono-graphie, et qui est plutôt un commencement de château qu’un château entier.

En effet, le château de Joigny ne fut jamais terminé. Louis de Sainte-Maure mit lepremier la main à l’œuvre : il arrêta le plan de l’édifice et fit sortir de terre le grandpavillon d’angle qui se voit à l’est. Quand la seigneurie fut vendue par les Laval , c’est-à-dire quarante-cinq années après, ce pavillon était encore à terminer ; même aujourd’huiil n’est pas achevé non plus : le comble et la moité de l’attique, bien que figurés dansnotre gravure, n’existent pas. Le nouvel acquéreur, le cardinal de Gondi , y mit tous sessoins. Après lui, son héritier et son neveu, Philippe-Emmanuel , le général des galères,ajouta aux constructions : il continua les parties que Louis de Sainte-Maure avait aussicommencées, c’est-à-dire le grand corps de logis central destiné à relier les pavillons. Sonentrée à l’Oratoire après la mort de sa femme et son goût prononcé pour les bonnesœuvres déterminèrent un point d’arrêt dans l’accroissement de l’édifice. Son immensefort une fut consacrée aux indigents. Après lui, les Créqui, les Vil leroy firent des augmen-tations peu importantes. Pendant la révolution, le château échappa au vandalisme quiatteignit les demeures seigneuriales, ou, s’il en subit quelques atteintes, il fut respectédans sa partie principale. Il éprouva tout au plus quelques changements dans sa distri-bution et des amoindrissements au point de vue décoratif.

Il y a quelques années, la résidence des anciens comtes de Joigny fut mise en vente.C’était une occasion pour la municipalité d’assurer à tout jamais la conservation d’unédifice qui fait honneur à la ville qui le possède. On sait ce que deviennent les pro-