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Tome quatrième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.

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lors attaché au parti de la cour, à Richelieu, puis à Mazarin , il obtint d’abord legouvernement du Berri, et y ajouta plus tard celui de la Bourgogne .

En 1632, il visita la ville d’Àrnay, une des places de son nouveau gouvernement.De là, grand émoi dans le conseil de ville qui voulut recevoir avec tous les honneursimaginables un visiteur aussi considéré et surtout aussi puissant auprès du cardinal-ministre. Après une délibération des plus animées, où chacun enchérissait sur les propo-sitions de ses collègues, on arrêta les points suivants : « . Serait offert par les dames

un présent de la part de la ville, d’un cheval avec son cavalier dessus, tenant une formede candélabre à la main, le tout d’or et d’argent, jusqu’à la valeur de mille livresenviron : tous les habitants commandés de la part du sieur maire iront en armes au-devant du prince à peine contre les défaillants de cent livres ; les enfants de la villeformeront une compagnie séparée et il leur sera payé par les sieurs magistrats la sommede soixante livres, et distribué à chacun d’entre eux portant mousquet une demi-livrede poudre. De plus, on fera loger Monsieur le Prince en la maison de maître CharlesSoyrot, et à cet effet on le priera de sortir incessamment. »

Assurément Son Altesse Henri de Bourbon eut à se louer de son séjour à Arnay. Urencontra dans ce pays une dernière séduction qui le décida tout à fait ; il trouvait làdes forets remplies de gibier, dans lesquelles il pouvait se livrer à son goût favori pourla chasse : « Aussi, dit un chroniqueur, il fit deux ans plus tard l’acquisition de laseigneurie, s’y forma une résidence et vint quelquefois dans notre ville avec Madame laPrincesse, dont il ne voulait jamais être séparé. »

Remarquons avec soin les différents mots du chroniqueur : il fit Vacquisition de laseigneurie ; c’était une baronnie des plus ordinaires, et elle ajoutait bien peu auxtitres accumulés par la maison de Condé ; mais elle donnait des droits féodaux, unpouvoir réel sur la terre et sur les hommes, et c’était là un avantage que l’on prisaitau plus haut point. Aussi le 2 mai 1633, le prince Henri de Bourbon acheta la terred’Arnay : elle lui fut vendue par la veuve du marquis de Mirebeau, Françoise-Bernardde Montessus, comtesse de Charroux, qui espérait éviter ainsi à son jeune fils, encoreenfant, les suites d’une instance élevée par le domaine royal en revendication de leurseigneurie.

Le chroniqueur nous dit ensuite : « Il s’y forma une résidence. » Le Prince, en effet,ne fut pas plus tôt en jouissance de cette acquisition, qu’il s’y créa un château, en sefaisant adjuger, par décret du Châtelet à Paris , le grand et ancien manoir de MM. deJuilly qui fut aussitôt restauré, embelli et meublé. C’était principalement en vue desplaisirs de la chasse, et il venait dans ce château pour satisfaire une de ses passions lesplus vives en parcourant les forêts giboyeuses situées aux environs. Il conviendraitpeut-être de montrer par quelques détails sa sévérité au sujet de ses droits en pareillematière ; mais il ne faut pas oublier que nos notices ne se prêteraient à un pareildéveloppement qu’au préjudice d’autres faits plus directement intéressants.

C’est en 1633 que le prince de Condé avait acquis la seigneurie d’Arnay-Ie-Duc : ilmourut treize années après, laissant la propriété de ses immenses domaines à son fils le