DU XV° AU XVIII e SIÈCLE.
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curent fort à souffrir de leur entassement. Ils furent attaqués par une violente épidémiequi, en moins de deux mois, en enleva presque la moitié. Les habitants effrayés etatteints eux-mêmes de la maladie sollicitèrent leur éloignement.
En 1789, le château logea pendant quinze mois un régiment de chasseurs envoyépour protéger la libre circulation des grains. Quelques années auparavant, les magistratsavaient consacré une de ses salles à rétablissement d’une filature de coton : ils voulaientoccuper les habitants pauvres ; mais cette industrie qui marcha convenablement pendantcinq à six années ne put ensuite se soutenir.
Dès l’année 1764, le château d’Arnay-le-Duc avait céssé d’être une demeure sei-gneuriale : madame de Brionne l’avait cédé au conseil de ville dont les séances s’étaienttenues jusque-là dans la tour de l’ancien château de la Motte-Forte, et en avait cédé lajouissance sous la clause d’entretien. L’histoire de cette résidence se confond dès lorsavec l’histoire de la ville d’Àrnay et en suit les péripéties. C’est dans ses murs que seprennent les délibérations importantes ; elle est, pour ainsi dire, le cœur de la cité, etc’est, d’elle que part la vie pour se répandre dans la population. Tant que l’ancien régimeest encore debout, son histoire est peu accidentée ; elle ne se mêle, en aucune façon,à l’histoire générale du pays ; elle est toute locale et se résume en faits vulgairesd’administration intérieure. Mais, à partir de 1789, il n’en est plus ainsi. Tous les oragesde la révolution qui éclatent à Paris ont leur contre-coup dans les villes de province :elles sont sollicitées à la vie politique, et les délibérations des conseils municipaux n’ontplus seulement pour objet des intérêts de clocher, mais l’adhésion ou la résistance auxdécisions des différents pouvoirs auxquels Paris est livré.
Le 19" avril 1791, le conseil de la ville prit une délibération qui sentait bien l’époquerévolutionnaire. La ville d’Àrnay fut surnommée Le Duc depuis que le duc Eudes IVeut passé un traité par lequel Perrinette d’Àrnay lui en abandonnait l’entière possession.Elle faisait partie du domaine ducal, et ce surnom lui est resté pendant toute la duréede l’ancien régime. Le 19 avril, le maire exposa que « depuis l’émission du décretqui prononce l’abolition de tous les titres, il lui parassait inconstitutionnel de laisserà cette ville le nom d’Àrnay-le-Duc, puisque cette dernière expression le Duc, enrappelant les distinctions détruites, perpétuerait dans le souvenir de ceux qui, au fond
de l’âme, sont toujours attachés à des prééminences passées, etc. En conséquence,
propose et demande de changer le nom actuel de la ville contre celui d’Arnay-sur-Àroux. » La proposition était trop patriotique et surtout trop constitutionnelle pour nepas être prise au sérieux par des citoyens zélés et votée d’un commun accord. Lenouveau surnom fut donc acclamé et subsista jusqu’à l’avènement de Napoléon I er àl’Empire.
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L’histoire politique du château finit le 6 janvier 1792. Alors, en effet, la mairie aban-donna l’ancien manoir des Juilly et des Condés, et se transporta dans une des salles de
l’ancien bailliage dont elle avait hérité. Ce bâtiment, entièrement reconstruit en 1783,
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