DU XV e AU XVIII e SIÈCLE
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étaient encore à l'état de projet ; aussi, le 8 août de cette année, par lettres patentesdatées de Valence, le roi confia le soin et la direction de cette entreprise à Humbertde Villeneuve, le premier qui ait présidé le parlement bourguignon, et il le chargeaitde tenir les comptes et de faire les payements.
La construction de l’édifice est donc assurée ; elle est confiée à un homme dupays, à un homme important, au chef de la compagnie qui doit s’y réunir ; et celui-cia tout droit pour commander et payer, et les payements auront lieu sur le trésor dusouverain. Malgré ces avantages, il a fallu bien des années avant que le bâtimentpût être vu enfin, non pas dans l’état où il se trouve actuellement, mais dans l’étatou il se trouvait au moment où Gourtépée, l’historien bourguignon, en mentionnaitla beauté dans sa Description générale et particulière du duché de Bourgogne , éditéeà Dijon en 1774. Si l’édifice a été commencé en 1511, il n’a pas été achevé, au moinspour les parties absolument essentielles, avant l’année 1586, sous le règne de Henri III ;et une des salles les plus importantes, celle des pas perdus ou des procureurs, commeon disait alors, ne fut pas érigée avant 1559, sous le règne de Henri II .
En voici la cause. Âu moment de la fondation , le personnel de la magistraturen’était pas tellement considérable, qu’il fallût procéder du premier coup à une con-struction vaste et pourvoir à des besoins futurs dont alors on n’avait pas idée. Dansl’origine, pour toutes les affaires civiles ou criminelles, il y avait une seule et mêmechambre composée d’un président, de deux chevaliers et de douze conseillers.
Plus tard, des raisons très-sérieuses motivèrent encore des augmentations considéra-bles et une organisation nouvelle du parlement bourguignon. La conquête de la Bresse ,qui fut mise dans le ressort du parlement, donna lieu à l’établissement de la chambredes requêtes en 1543. Henri II, en 1554, établit la chambre des vacations, et Henri III ,en 1589, établit la chambre des enquêtes. Après ces différentes innovations, le parlementétait complet ; il n’y avait plus à faire de créations nouvelles. Désormais aussi les bâti-ments étaient complets ; et avant la révolution de 1789, qui réorganisa la magistrature, onne fit pas d’additions importantes.
Voilà, à grands traits et exposée en quelques mots, l’histoire du parlement bourgui-gnon, au point de vue de sa constitution. Parlons à présent de ce qui s’y rapporte par unlien étroit, c’est-à-dire de la partie architecturale, de l’histoire du bâtiment, des diversesépoques de sa construction, et des additions et des mutilations que les malheurs du tempset les nécessités des circonstances ont dû forcément imposer.
Le premier objet dont on s’occupa fut la salle des audiences destinée aux séancessolennelles du parlement : elle est consacrée aujourd’hui aux séances de la cour d’as-sises. Pour donner plus d’éclat aux réunions de la magistrature, le roi Louis XII voulutque cet auditoire fût un des plus beaux de France . On y voit encore des restes impor-tants de la magnificence avec laquelle il fut orné. Le plafond, véritable modèle du luxede ce temps-là, est divisé en caissons enrichis de dorures et d’ornements d’une extrêmedélicatesse. Les lambris ou boiseries, d’une époque plus récente, par exemple, sont ornésde dorures, de peintures, représentant des sujets allégoriques ayant trait aux vertus et