76 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.
au caractère que l’on doit trouver dans un magistrat. Les armes du roi et celles d’Annede Bretagne se voient dans plusieurs panneaux, ainsi que le porc-épic, devise de l’ordreinstitué par Louis de France, aïeul du roi Louis XII . On y voit aussi des fragmentsremarquables de vitraux peints donnés par François I er pendant son séjour à Dijon en 1521, et sur l’un desquels on reconnaît le portrait de ce prince avec la salamandre,qu’il avait prise pour emblème. Ces vitraux sont fort endommagés, et la plupart sontremplacés par du verre blanc ordinaire.
Ainsi la salle des audiences est bâtie, et, au point de vue absolument architectural,le Palais de justice est constitué ; il est même embelli, décoré de cette façon artistiqueet savante habituelle à ces temps heureux pour les arts. Sous le règne de Henri II , onajouta des choses sinon absolument nécessaires, du moins fort importantes ; la salledes pas perdus, la petite chapelle située au fond de cette salle, où, chaque année, à larentrée des chambres, on célébrait la messe du Saint-Esprit, la façade principale àpignon et le porche terminé en coupole, commencés sous ce prince, furent terminés sousCharles IX (I). Mais depuis, bien des mutilations ont eu lieu, et bien des objets mobiliersont disparu. Où sont à cette heure les deux lions de marbre assis en avant des degrés?Ces deux lions n’étaient pas un vain ornement, ils symbolisaient la force et la justice,qui sont les vertus premières des magistrats, et à présen t, comme autrefois, ils feraientbonne figure à l’entrée de ce palais. Où est également la statue de Henri H, placée jadisau-dessus du porche ? Où sont les statues qui meublaient les niches de la façade, à droiteet à gauche du porche ? Tout cela a disparu ; et le Palais de justice de Dijon , jadis sicomplet, à présent encore si beau dans certains endroits, mais ailleurs si appauvri, a lesallures de ces riches malaisés, qui, sans doute, ont une toilette à tout prendre satisfaisante,mais manquant toujours de certains ornements nécessaires interdits à leur luxe insuffi-sant. Quand donc la ville de Dijon , au moyen d’un léger effort, réalisera-t-elle les con-ceptions primitives de l’architecte, et remplira-t-elle ces vides qui accusent, sinon saparcimonie, sinon sa pauvreté, du moins son oubli et sa négligence?
Comme nous l’avons dit plus haut, les différents travaux n’ont été terminés que sousle règne de Henri III (2). En 1586, ce prince fit acquérir l’ancien hôtel de Talmayqu’avaient possédé successivement les sires de Chât.illon, les seigneurs de Champlitte,puis ceux de Pontailler ; et il fit élever le bâtiment où la chambre des requêtes tintdésormais ses réunions. Il en avait lui-même institué les offices dès l’année 1575.
Suivant l’historien Courtépée, cet érudit local si estimé en Bourgogne , et en vérité sijudicieux et si solide, on voyait encore de son temps, c’est-à-dire vers le milieu duxvm e siècle, des galeries et des tours, telles qu’elles étaient sous les anciens ducs, et quiapparaissaient à l’extérieur. A présent, on ne voit plus de ces diverses parties, que desfragments de vieux murs.
Nous devons mentionner aussi le bâtiment de la cour des comptes, aujourd’hui entiè-
(1) Le porche proprement dit fut élevé pour la somme de 3,000 livres.
(2) Quelques parties, notamment la boiserie peinte de la salle des assises, datent meme, si nous ne faisons erreur, durègne de Louis XIII .