DU XV e AU XVIII e SIÈCLE
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du sujet qui Ta motivée. Il sait que tout profite à qui sait plier, à qui est assez souplepour suivre chacun en ses détours ; et il laisse aller son interlocuteur dans lesdivers sentiers d’une élocution vagabonde, sollicitant souvent par des questions impré-vues les assertions, les récits, les preuves. Faisons ainsi avec l’histoire de notre châteauqui nous incite à des excursions dans le domaine de l’histoire. Et, en vérité, est-cesortir de notre sujet que de sortir du particulier pour nous avancer dans les questionsgénérales ? La seigneurie de Martainville n’était pas un centre isolé, ne tenant par aucunlien au monde environnant. Située dans une des provinces presque centrales, elle avaitun lien réel avec le royaume de France : elle en partageait l’esprit, elle en subissaitl’influence ; elle était dominée par ses institutions ; et, dans son histoire particulière,elle reflétait à tout moment l’histoire générale dans un cercle étroit, il est vrai, et depeu d’importance, mais d’une façon assez nette pour qu’en parlant du domaine deMartainville, on soit obligé de faire au moins allusion aux coutumes, aux institutions,aux lois françaises. •
Le plus ancien de nos documents sur la terre de Martainville est la mention dans unehistoire locale (.Histoire de Rouen, par Farine ) d’un Guillaume de Martainville, qui, enl’année 1284, fut prieur du monastère de Bonne-Nouvelle. Nous donnons ce renseigne-ment sans y attacher une grande importance. De plus habiles ou de plus savants discu-teront les titres de ce prieur à occuper une place, même minime, dans la notice quenous esquissons.
En feuilletant l’histoire de la commune de Rouen par un des hommes les plus éruditsdont s’honore l’Université, M. Chéruel, nous trouvons ce passage relatif à l’état de la villeau xiv e siècle, mais relatif aussi à la terre de Martainville.
Si l’on jette les yeux sur le plan de Rouen annexé à cette histoire, on sera frappé del’appareil lugubre qui entourait la ville en ces temps reculés : partout des forteresses etdes gibets, signe de la haute juridiction du roi et des royales abbayes de Saint-Ouen ,de Fécamp , du Rec, de Montivilliers. Ailleurs, des marais croupissants, tels que le vivierde Martainville, ou des campagnes rappelant, comme le champ du Pardon, de tristessouvenirs.
Ainsi, d’après ce plan annexé à l’histoire de Rouen , voilà Martainville déjà connu parses viviers qui longeaient les bords de la Seine et se trouvaient voisins de la ville deRouen . Il nous apprend beaucoup plus : à l’intérieur des fortifications se trouvait unerue de Martainville ; aux fortifications, une porte de Martainville, et, entre les fortifica-tions et la croupe de la colline où se voit le fort de Sainte-Catherine, la chaussée deMartainville. Située au milieu d’un terrain marécageux, elle fut réparée à la fin duxiv e siècle ; on y mit plusieurs années et l’on fit des dépenses considérables ; preuve évi-dente qu’à cette époque la localité de Martainville avait son importance.
Dans la même histoire de E. Chéruel, nous trouvons cet autre passage ; nous le men-tionnons à dessein, car il va nous donner la clef de bien des choses. Les droits féodaux,nous dit le savant professeur, étaient presque exclusivement, dans la ville de Rouen ,l’apanage du clergé. La noblesse avait toujours eu peu d’autorité : ses manoirs étaient