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Tome quatrième.
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88 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

situés dans la campagne ; et au-dessus d’elle s’élevait la nouvelle noblesse ou aristocratiemunicipale.

Ce dernier trait ne doit pas étonner : une ville commerçante appartient avant tout àla bourgeoisie. Seulement, s’il s’agit de la ville de Rouen , il faudra compter avec la clé-ricature. C’est ce qui arrive à la famille Le Pelletier, dont le nom est inséparable duchâteau de Martainville. M. Le Pelletier grandit sans doute par le commerce, et il achetala seigneurie de Martainville, qui dépendait de l’abbaye de Saint-Oucn : voilà en relationles moines et la bourgeoisie, ces deux puissances de la cité rouennaise .

Le premier nom qui soit signalé par la généalogie est celui de Richard Le Pelletier(1460). Son blason portait d’argent à la fasce d’azur, chargé de trois besants d’or ;armoirie de commerçant enrichi, élevé par le négoce.

Le plus grand nom de la généalogie est celui de Jacques Le Pelletier, seigneur deMartainville et d’Estouteville, fils du précédent, mort en 1545, et mari en premièresnoces d’Isabelle L’huillier, et en secondes noces de Marie Legros. Celui-ci fut échevinde la ville de Rouen et vicomte de l’eau : il occupa ainsi deux magistratures importantes.L’échevinage avait remplacé le pouvoir des maires ; il subsista depuis la dominationanglaise jusqu’au temps où Louis XIV rétablit une ombre de mairie, simple délégationde l’autorité royale. Il y avait six échevins, un receveur et un procureur ; ils formaientle pouvoir exécutif et en même temps le conseil ordinaire de la ville.

Les vicomtes de l'eau avaient une autorité encore plus grande, car ils commandaientau maire lui-même et à ses remplaçants, les échevins. « Le vicomte de l’eau se qualifiaitde conseiller du Roy, juge politique, civil et criminel, pour la rivière de Seine , et gardedes étalons, poids et mesures de la ville ; sa juridiction s’étend depuis la mer jusqu’au-dessus de Yernon, le long du fleuve, touchant la réparation des chemins et des quais ; ila aussi la connaissance des congés, sorties, descentes des marchandises dans Rouen ,froissements, brisures des nefs et bateaux (1). »

Après Jacques Le Pelletier, selon toute apparence le fondateur du château actuel, ilfaudrait nommer par ordre de date Richard, deuxième du nom, sieur jde Martainville,chevalier de l’ordre du Roi, gentilhomme de la Chambre, fils du précédent et maride Jacquette de Presteval ; il faudrait aussi le nommer par ordre de mérite au pointde vue qui nous occupe, c’est-à-dire celui du château dont nous faisons la mono-graphie; car il fut autorisé, par lettres patentes du roi Charles IX , en date du16 avril 1571, à substituer pour lui et ses descendants le nom de Martainville à celuide Le Pelletier.

Son fils Louis de Martainville a aussi droit à notre attention : d’abord il fut haut justi-cier de Fontenelle, chevalier de l’ordre du Roi et gentilhomme de la Chambre ; de plusil fut envoyé aux États généraux de Normandie .

Un événement qui se rattache sinon au château; du moins à la localité de Martainville,avait eu lieu pendant la vie de Jacques Le Pelletier; le voici naïvement raconté parFarine .

(1) Histoire de Rouen , par Farine .