xiv INTRODUCTION,
données : leur conduite, dans toute la durée de l’opération ,a établi entre eux et nous une liaison d’estime et d’amitiéinaltérables, dont ils ont fidèlement maintenu les droits dansles circonstances les plus périlleuses. Que n’en a-t-il été demême des autres personnes qui ont pris parta nos travaux !M. Arago n’aurait pas eu à souffrir les ennuis et les peinesd’une longue captivité.
Après avoir établi à Campvey M. Rodriguez, je repassai enEspagne . Pour avoir voulu trop tôt y revenir, peu s’en fallutque je n’y revinsse jamais. La tempête nous jeta sur une petiteîle sablonneuse et abandonnée que l’on appelle l’Espalmador.Il n’y avait pour habitans qu’une pauvre famille de pécheurs ,et le vieux gardien d’une tour défendue*par quatre soldatsmalades, que l’on relevait tous les mois. Jamais on ne vit deplus profonde misère ; mais, dans cette misère même, il yavait encore de la vanité : le gardien de la tour méprisaitbeaucoup les pauvres pêcheurs.
Deux sommets de notre grand triangle étaient déterminés ;il fallait fixer le troisième. Celui que Méchain avait indi-qué, était la colline du cap Cullera , qui n’a que 200 mètres( îoo toises) d’élévation, et du haut de laquelle il n’était pasmême sûr alors que l’on découvrît l’île d’Yviee, quoiquenous en ayons reconnu depuis la possibilité. A une journéede là, dans l’ouest, il y avait une autre montagne, appeléele Mongo, trois fois plus haute, singulièrement remarquablepar son sommet arrondi, par ses arêtes taillées à pic, et sur-tout par la manière dont elle s’avance dans la mer, à l’extré-mité du cap Saint-Antoine. D’Yviza, on apercevait le Mongopar un temps serein, même étant dans une chaloupe auniveau de la mer : à plus forte raison, devait-on le découvrir