INTRODUCTION. xv
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du haut des montagnes. Déterminé par ces circonstancesfavorables, je n’hésitai point à y établir une station. Il n’yavait pas de chemin pour arriver au sommet : on en tailla undans le roc inème ; mais ensuite, lorsque l’on connut mieuxla montagne, on en trouva un autre un peu plus commodedans le fond d’un ravin creusé par les pluies et par leséboulemens des neiges. Ce fut à travers ce ravin, à peinepraticable pour des hommes , que l’on monta, non sanspeine, les caisses des réverbères, les miroirs, une tente etles planches de la cabane; mais ces faibles abris étant inca-pables de résister aux tei'ribles coups de vent auxquels cettemontagne est exposée, à cause de 6a hauteur et de son isole-ment dans la mer, on fut obligé de construire une petitemaison en pierres sèches dans une anfractuosité du rocher.Là, des matelots s’établirent et passèrent la moitié de l’hiverau milieu des ouragans et des neiges, allumant nos signauxtoutes les nuits, jusqu’à l’époque où nous vînmes nous-mêmes les remplacer avec nos cercles, et porter en ce pointlecenLre de nos observations. D’autres matelots étaient char-gés de leur apporter des vivres, et jusqu’à de l’eau, quimanquait sur ce sommet isolé : car c’est ainsi, avec de pauvresmatelots et des paysans espagnols volontairement engagésà notre service, et dévoués à notre entreprise , que nousavons exécuté toute l’opération. Ce moyen était le seul pra-ticable, à moins de se jeter dans des dépenses excessives,;et, pour ces pauvres gens eux-mêmes, c’était l’attachementque nous avions réussi à leur inspirer, et l’espèce de gloirequ’ils mettaient à vaincre tous les obstacles, bien plus quel’attrait d’un modique salaire, qui pouvait les engager àquitter leur paisible chaumière pour la misérable vie que