xn INTRODUCTION,
nous menions avec eux. Mais ces résultats ordinaires d’unlong séjour et d’une grande connaissance du pays, nousavions eu le bonheur de les obtenir dès notre arrivée, grâcesà l’extrême bienveillance des autorités espagnoles, et à cellede quelques Français depuis long-temps domiciliés en Es-pagne . Nous devons nommer ici MM. Morand, consul deFrance à Dénia; Lanusse, consul à Valence , et Lapêtre, né-gociant de Cullera : ce sont eux qui nous ont donné lessecours de tout genre qui nous étaient nécessaires, et quinous ont procuré tous les renseignemens dont nous avionsbesoin : eux-mêmes s’étaient chargés de veiller et de fournirà l’entretien de nos stations; et lorsque, par reflet du retarddes courriers, nos opérations auraient pu se trouver sus-pendues, ils nous ont souvent avancé des sommes considé-rables. Hélas ï ils se sont trouvés depuis plongés dans de biengrands malheurs ! Les deux premiers, abandonnant leurmaison, leur famille et une fortune honorablement acquise,sont venus se réfugier en France . Le troisième, le plus excel-lent des hommes, a été massacré par des furieux auxquelsil n’avait jamais fait que du bien ; mais du moins notre amitiésera fidèle à sa mémoire, et nous n’oublierons jamais l’atta-chement qu’il eut pour nous.
Dès que je fus de retour en Espagne , je courus retrouverM. Arago sur le sommet du Desierto de las Palmas. J’espé-rais qu’il aurait déjà vu et observé plusieurs fois nos signaux ;mais cette espérance était vaine, et nous devions attendrelong-temps encore avant de les apercevoir.
Cette épreuve était d’autant plus fâcheuse, que les nuitsavaient été très claires, et que l’on avait vu plusieurs fois,au coucher do soleil, les montagnes d’Yvice s’élever dans le