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Tome quatrième.
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XVIII
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xviij INTRODUCTION,

râbles ou contraires ! Combien de fois, en voyant les nuagess’élever du fond des vallées, et monter en rampant sur leflanc des rochers jusqu’à la cime où nous étions, n’avons-nous pas recherché dans leurs oscillations les présages heu-reux ou malheureux d’un ciel couvert ou serein ! On a dit,avec vérité, que l’aspect dés lieux prend une couleur agréableou sombre, selon les sentimens dont l’âme est agitée. Nousl’éprouvions bien fortement alors. De la porte de notre ca-bane nous avions une des plus belles vues du monde : à noiregauche; mais, fort au-dessous de nous, le cap Oropeza élevaitdans les airs ses aiguilles qui servent de signaux aux naviga-teurs; derrière nous, en se prolongeant dans l’ouest, s’éten-daient les chaînes de montagnes noirâtres, qui, comme unrideau, abritent le royaume de Valence du côté du nord,et conservent à cet heureux climat la douce températuredont il jouit. Sur notre droite, à l’autre extrémité du golfe,le Mon go sortait du sein de la mer, semblable à une îleéloignée; tandis qu’à nos pieds, dans une enceinte déplusde trente lieues, on voyait, le long de la mer, ces belles etfertiles plaines de Valence, vaste jardin entrecoupé de milleruisseaux, et tout couvert d’oliviers, d’orangers, de citron-niers, dont la verdure éternelle formait le plus doux contrasteavec les sommets blancs des montagnes neigées. Plusieursvilles et de nombreux villages embellissaient encore et va-riaient cette perspective, par leurs formes diverses ou parles souvenirs qu’ils rappelaient. A quelques lieues de notredésert, nous voyions Castillon de la Plana , où Méchain estmort, et où est on tombeau. Plus loin, l’ancienne Sagonte ,aujourd’hui Murviedro, dont les habitans se brûlèrent au-trefois, avec leurs familles, pour ne pas tomber en esclavage,