INTRODUCTION oxy-
dantes, ordinairement postiches, tournaient et pirouettaient,,pieds nus, sans quitter la terre, comme des poupées à res-sorts. Le tout était accompagné d’une musique analogue,formée d’une espèce de fifre, d’un tambourin, et du cliquetisd’une grande lame d’épée que l’alcade frappait en mesureavec un morceau de fer. Lorsqu’on venait à passer de cesamusemens sauvages dans la chambre silencieuse où sefaisaient les observations, ce contraste de la civilisationet de la barbarie, des connaissances les plus sublimes et dela plus profonde ignorance, avait je ne sais quoi de grand et<le pénible qui affectait l’àme d’une manière que je ne sauraisexprimer.
Lorsque nous eûmes fait deux mille observations de l’étoilepolaire, lorsque nous eûmes achevé les expériences du pen-dule, je quittai Formentera pour revenir en Espagne , rap-portant avec moi ces résultats. M. Arago resta dans l’île avecMM. Chaix et Rodriguez pour observer le passage supérieurde £ de la petite Ourse, et en même tems il ajouta aux pas-sages de la polaire six cents observations nouvelles, qui,jointes aux précédentes, donnent à la latitude de ce pointtoute la certitude que l’on peut désirer. Mais le principalobjet du séjour de M. Arago était l’exécution d’une autreentreprise que nous avions méditée ensemble. En voyant,de notre station de Campvey, l’îie de Mayorque à l’orientsur notre droite, et la côte d’Espagne à l’occident sur notregauche, nous avions reconnu la possibilité de les joindre en-semble par un arc de parallèle qui nous aurait donné la me-sure de trois degrés de longitude. Cet arc, situé à l’extrémitéaustrale de la méridienne, déterminait plus complètement lacourbure de cette partie du sphéroïde terrestre, en la me-