Les expériences qui vont suivre n’avaient pas été primitivementcomprises dans le plan qu’on avait formé pour la méridienne française .Dunkerque en devait être la limite boréale ; on n’avait pas songé d’abordà dépasser ce point. Mais le retour de la paix, en favorisant les commu-nications entre l’Angleterre et la France , a permis de prolonger les mêmesopérations dans le nord de l’Ecosse jusque sur le parallèle de Pétersbourgmême, et de marquer ainsi, sur la surface du globe terrestre, la ligne mé-ridienne la plus étendue que le doigt de la Géométrie ait pu jusqu’àprésent y tracer. Les motifs de cette nouvelle entreprise et les avantagesqu’elle présente, sont exposés dans la Notice suivante, lue dans uneséance publique de l’Académie des Sciences, au commencement de l’an-née 1818, et peu de tems après mon retour. J’ai cru qu’en servant d’expo-sition suffisante à cette nouvelle suite d’expériences, elle ferait excuser sonétendue par quelques détails sur des contrées peu visitées des voyageurs.
Notice sur les opérations entreprises pour déterminer la figure dela Terre ; par M. JSiot, de l’Académie des Sciences.
Lorsque, sur une des tours de Florence, Galilée , il y a deux siècles,expliquait à un petit nombre de personnes, dans des entretiens presquemystérieux, ses découvertes nouvelles sur les lois de la pesanteur, lemouvement de la Terre et la figure des planètes, aurait-il jamais puprévoir que ces vérités, alors méconnues et persécutées, seraient, aprèsun si court intervalle, considérées comme tellement importantes, et sigénéralement admirées, que les gouvernemens de l’Europe feraiententreprendre de grandes opérations et de lointains voyages pour leseul but de les étendre, d’en constater toutes les particularités; etque, par l’effet d’une propagation inespérée de toutes les connaissances,les résultats de ces travaux pourraient être offerts à l’intérêt publicdans des assemblées nombreuses, composées des classes les plus émi-nentes de la société ! Tel est pourtant l’immense changement qui s’estopéré dans le sort des sciences depuis cette époque. Quand Galilée et Bacon parurent, après tant d’esprit sublimes que l’antiquité avaitproduits, ils trouvèrent la carrière des sciences encore vierge, caron
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