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Tome quatrième.
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5u8 EXPÉRIENCES SUR LA LONGUEUR

Que ne puis-je peindre ce que je sentis en voyant pour la premièrefois ce vénérable compagnon de Cook ! Illustre par de longs voyages ;remarquable par une étendue d’esprit et par une élévation de sen-timens qui le font s’intéresser également aux progrès de toutes lesconnaissances humaines ; possesseur d’un rang élevé, d’une grandefortune, d’une considération universelle, sir Joseph a fait de tous cesavantages le patrimoine des savans de toutes les nations. Si simple,si facile dans sa bienveillance, qu’elle semble presque, pour celui quil’éprouve, l’effet d’iui droit naturellement acquis; et en même temssi bon, qu’il vous laisse tout le plaisir, toute l’individualité de la re-connaissance. Noble exemple d’un protectorat, dont toute l’autoritéest fondée sur l’estime, l’attachement, le respect, la confiance libre etvolontaire ; dont les titres consistent uniquement dans une bonne vo-lonté inépuisable et dans le souvenir des services rendus; et dont lapossession longue et non contestée fait supposer de rares vertus et uneexquise délicatesse, quand on songe que tout ce pouvoir doit se former,se maintenir et s’exercer parmi des égaux.

Sous ces auspices honorables, tout devint facile. Le colonel Mudge,qui avait montré les intentions les plus favorables pour notre entre-prise , la seconda par tous les moyens dont il disposait. Nous partîmespour Edimbourg ensemble, et nous fixâmes notre première station dansle fort de Leith. Là, je reçus de lui tous les secours dont l’obligeance laplus sincère et la plus active pouvait suggérer l’utilité. Mais ce que j’ap-préciai bientôt comme un service plus grand et plus essentiel encoreque tous les autre», ce fut de m’avoir fait obtenir la bienveillance ducolonel Elplnnstone, commandant des ingénieurs militaires. Je suissi fort redevable à cet officier, que je ne pourrais jamais dire assez toutce qu’il fit pour moi, et l’amitié vive et profonde qui m’attacha bientôtà lui, peut seule lui témoigner ma reconnaissance. Par ses ordres les plusempressés et sous sa surveillance la plus immédiate, toutes les disposi-tions furent faites pour me mettre eu état d’observer le plutôt et lemieux possible. 11 me fallait un emplacement où la vue fût libre, etqui fût abrité, pour établir mon cercle; on me fit construire, sur laterrasse du fort, un observatoire portatif, dont toutes les parties sedémontant à volonté, me permettaient d’observer de tous les côtés del’horizon. 11 fallait que les appareils du pendule fussent fixés avec soli-dité : des pierres du poids de soixante quintaux furent scellées dans