DU PENDULE A SECONDES. 5a 7
aux opérations géodésiques la grande extension et l’extrême perfectionqu’elles ont acquises dans tous les états de l’Europe ; et ce petit avan-tage vaut d’autant plus la peine qu’on le remarque, qu’il est payéassez cher. Quoi qu’il en soit, la triangulation anglaise, commencéepar le général Roy, et continuée après lui par le colonel Mudge, seprolongeait déjà depuis le sud de l’Angleterre jusqu’au nord de l’Ecosse ,et offrait, sur cette étendue, plusieurs degrés du méridien terrestre,mesurés avec d’excellens instrumens. 11 était bien à souhaiter que cetarc pût se joindre à l’arc de France . Mais la position géographiquede l’Angleterre le plaçant un peu à l’occident du nôtre, on pouvaitcraindre que, si tous les méridiens terrestres ne sont pas exactementsemblables, la différence de longitude n’altérât les résultats qu’on auraitpu tirer de cette jonction. Toutefois cet inconvénient n’était pas àredouter pour les mesures du pendule, qui sont beaucoup moinstroublées que les degrés par les petites irrégularités de la figure de laTerre. Le Bureau des Longitudes souhaita que les mêmes appareils quiavaient servi pour ces mesures, en Espagne et en France , fussent portéssur toute l’étendue de l’arc anglais. Souhaiter une chose utile auxsciences, c’était avoir d’avance l’assentiment des savans d’Angleterreet l’approbation du gouvernement de ce pays éclairé. Ni l’un ni l’autrene nous manquèrent. Le respectable sir Joseph Banks et son digneami le chevalier Blagden , nous assurèrent de toutes les facilités ima-ginables. Le ministre de l’intérieur, M. Lainé, près de qui toutechose utile , ou honorable, n’a que la possibilité pour hmite, trouvadans les ressources de sa bienveillance les moyens de fournir à cetteentreprise, et le Bureau des Longitudes voulut bien m’en confier l’exé-cution.
Je partis de Paris au commencement du mois de mai de l’annéedernière, emportant avec moi les appareils qui avaient servi sur lesautres points de la méridienne, un cercle répétiteur de M. Fortin,une horloge astronomique et des chronomètres de M. Bréguet, enfintout ce qui était nécessaire pour les observations. Des ordres du gou-vernement anglais, obtenus par l’intervention tutélaire de sir JosephBanks, attendaient cet envoi à Douvres . 11 me fut remis tout entiersous le sceau de la douane, sans droits, sans visite, absolument commesi je n’eusse pas changé de pays. Les mêmes soins en protégèrent letransport jusqu’à Londres, où il fut déposé chez sir Joseph Banks .