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Tome quatrième.
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DU PENDULE A SECONDES,connaître (i); ou, si j’avais pu soupçonner leur existence, que quelqueservice affectueux, quelque attention délicate m’aurait sans doute ré-vélée, je n’aurais pas conçu quel charme pouvait les retenir dans cettecontrée brumeuse, pierreuse, sans chemin, sans un arbre sur les mon-tagnes ou dans les plaines pour reposer Ja vue; royaume delà pluie,du vent et des tempêtes, où l’atmosphère, constamment imprégnéed’une froideur humide, n’apporte quelque adoucissement à l’âpreté deshivers que sous la triste condition de n’avoir point d’été. Ce qui les yattache, c’est la paix, la profonde paix, l’inaltérable paix dont ilsjouissent, et dont ils savourent toutes les douceurs. Pepuis vingt-cinqans que l’Europe se dévore elle-même, on n’a pas entendu dans Unst,à peine dans Lervvick, le bruit d’un tambour; depuis vingt-cinq ansla porte de la maison que j’habitais était restée ouv erte la nuit commele jour, pans tout cet intervalle, ni conscription, ni presse ne sontvenues troubler ni affliger les pauvres, mais tranquilles habitans de cettepetite île. Les nombreux rescifs qui l’environnent, et qui ne la rendent-accessible que par des ,tems favorables, lui servent de flotte pour ladéfendre des attaques des corsaires ( en tems de guerre; et qu’est-ce quedes corsaires y viendraient chercher ! Ici on ne reçoit les nouv ellesd’Europe que comme on lit l’histoire dp précédent siècle ; elles ne rap-pellent aucun malheur personnel; çlles ne rév eillent aucune animosité :aussi elles n’ont plus cet intérêt, qu , pour mieux dire, cette fureur dumoment, que produit l’exaltation jnsensée de toutes les passions, et l’onphilosophe avec tranquillité sur des .évè(ieinçns qui semblent se rappor-ter à un autre monde. S’il y avait seulement des arbres et du’ soleil,nul séjour ne serait aussi doux ; mais s’jl y avait des arbres et du soleil,tout le monde voudrait y venir, et la paix n’y serait plus.

.Ce calme, çette sécurité habituelle, donnent aux relations sociales un.charme ailleurs inconnu. Tout ici, dans la classe propriétaire, est parent,ou allié, ou ami, et les amitiés sont Comme des alliances. Mais aussi,comme en ce monde il faut que le mal accompagne toujours le bien,.cette douceur même de vivre en grande faimlle, est quelquefois chère-,ment achetée; elle leur fait sentir, avec une peine extrême, la mort de ce

(i) Si je ne puis rappeler ici toutes les personnes qui m’ont comblé de pré-venances, du moins je joindrai aux noms de,MM. Edmonston, ceux de M. Jrlouàt«TUnst, et Leisk de I.unna.