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Tome quatrième.
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534 EXPÉRIENCES SUR LA LONGUEUR

guère autre chose qu’observer ; 'et en effet, je n’ai calculé Sur tes lieuxque trois ou quatre observations à de grahds intervalles lés unes desautres, pour m’assurer de leur iitarche générale et me guider dansleur continuation, remettant les calculs définitifs à mon retour; j’aiSans doute bien fait d’en user ainsi, car quoique j’y aie donné depuisbeaucoup de tems, ils ne sont pas encore entièrement terminés. Toute'fois l’accord des observations déjà réduites, annonce l’exactitude quel’on peut en attendre; et les résultats qui s’en déduisent, étant com-binés avec ceux de Formentera et de l’arc de France , donnent, pourl’aplatissement de la Terre , exactement la même valeur cpii se conclutde la théorie de la Lime, et de la mesure des degrés, comparés à degrandes distances. Ce parfait accord entre des déterminations si di-verses , montre à la fois la certitude du résultat et la sûreté des mé-thodes que la science emploie pour l’obtenir. On a pu voir, par cettenotice, que ce n’est pas sans peine qu’elle est parvenue à Ce pointde précision; et l’on n’en éera pas étonné, quand on saura que lavariation de longueur du pendule, par laquelle l’aplatissement se me-sure, n’est en tout, depuis l’équateur jusqu’au pôle, que de quatremillimètres, c’est-à-dire moihs de deux lignes, et depuis Formentera jusqu'à Unst, d’un millimètre et demi, ou inbins de trois quarts de ligne.Ce sont pourtant ces trois quarts de ligne qui, appréciés comme onpeut aujourd’hui le faire, décèlent, mesurent ménie avec une trèsgrande exactitude, l’aplatissement de tout le sphéroïde terrestre, etnous prouvent que, malgré les petits accidens de composition et d’ar-rangement que nous présente cette première et mince écorce sur laquellenous nous agitons, l’intérieur de la masse de notre planète est com-posé de couches parfaitement régulières, assüjéties aux lois de super-position, de densité et de forme que leur assigne un état primitif defluidité.

L’avantage d’avoir complètement exécuté mes opérations, quelquegrand qu’il dût me paraître, ne fut ni le seul, ni le plus précieuxque je trouvai dans la famille qui m’avait si obligeamment accueilli.Si je fusse resté sur les rochers de Balta, j’aurais sans doute quittéces îles avec tous les préjugés d’un étranger. Je n’aurais vu que latristesse de leur séjour, la pauvreté de leur sol, l’inclémence de leurciel. J’aurais ignoré qu’elles renfermaient des êtres sensibles, bienveil-lans, vertueux, éclairés, comme ceux que j’ai eu le bonheur d’y